Les appels de spécialistes se multiplient pour rendre le port du masque obligatoire dans les entreprises et pour mettre à jour le protocole de déconfinement, alors que de nombreux patrons sont opposés à un durcissement qui n'aurait selon eux pas beaucoup de sens.

Le Premier ministre a demandé aux ministres du Travail et de l'Économie de "voir comment on peut au maximum généraliser sur le lieu de travail le port du masque".
Le Premier ministre a demandé aux ministres du Travail et de l'Économie de "voir comment on peut au maximum généraliser sur le lieu de travail le port du masque". © AFP / Antoine Merlet

À quoi va ressembler le retour dans les entreprises, après les grandes vacances ? De plus en plus de médecins, épidémiologistes et infectiologues recommandent le port du masque au travail pour tout le monde. Le Premier ministre Jean Castex a d'ailleurs demandé aux ministres du Travail et de l'Économie de "voir comment on peut au maximum généraliser sur le lieu de travail le port du masque". Et des réunions sont prévues ce vendredi et mardi prochain rue de Grenelle avec les syndicats et le patronat. Des déclarations qui font craindre aux dirigeants un nouveau protocole sanitaire, juste avant la reprise de septembre.

"On est déjà sur des règles qui sont efficaces"

Le masque, on le porte déjà ; le télétravail, on continue de le pratiquer ; la distance physique, on la respecte, expliquent de nombreux chefs d'entreprises pour lesquels un durcissement du protocole sanitaire à la rentrée n'aurait pas beaucoup de sens. C'est l'avis de François Company, co-dirigeant de Ageco Agencement à Amiens : "Aujourd'hui, on est déjà sur des règles qui, quand elles sont suivies, sont efficaces", souligne celui qui emploie cent salariés. "Pourquoi pas les renforcer dans le discours mais je doute qu'on atteigne l'objectif recherché, parce qu'on sait que plus les règles sont contraignantes, plus elles sont difficiles à respecter et finalement malheureusement moins elles sont suivies." 

Même son de cloche du côté des TPE, très petites entreprises, où l'on souligne que le protocole national - les 90 fiches métiers et les guides de branche établis après le déconfinement - ont déjà largement généralisé le port du masque. "22% des clusters sont dans des entreprises privées", assurait jeudi le chef du service des maladies infectieuses de la Pitié Salpétrière Éric Caumes, interrogé sur franceinfo.

"On a besoin qu'on nous dise les choses"

Ce qui est plus ennuyeux, c'est le flou qu'entretiennent les dernières déclarations des pouvoirs publics, estime Benoit Serre, vice-président de l'Association nationale des DRH : "On a besoin d'un peu de stabilité, qu'on nous dise les choses. Est-ce qu'on garde ou pas les masques ? Est-ce qu'on garde les règles d'avant l'été ? Cette espèce d'instabilité et de flou est encore plus préoccupante à l'heure où les entreprises n'ont qu'une obsession : redémarrer à partir de septembre."

Une rentrée peut-être masquée, donc, mais cela inquiète finalement beaucoup moins les chefs d'entreprises que la reprise économique, et la casse sociale annoncée.

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