Sans forcément connaître les précautions d'usage à prendre, les Français utilisent encore beaucoup de pesticides chez eux et pas uniquement dans leur jardin. En effet, ils sont très présents dans nos habitations à travers notamment les insecticides, d'après une récente étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire.

Les insecticides qui permettent de lutter contre les parasites des animaux de compagnie sont beaucoup utilisés par les ménages français et souvent pas de la meilleure façon. Image d'illustration.
Les insecticides qui permettent de lutter contre les parasites des animaux de compagnie sont beaucoup utilisés par les ménages français et souvent pas de la meilleure façon. Image d'illustration. © Radio France / Valeria Emanuele

Un peu comme les médicaments, les pesticides sont très présents dans les maisons françaises et leur usage plus que banalisé. C'est ce que montre une récente étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), "Pesti home". Au total, 5 400 produits ont été identifiés auprès de 1 500 ménages. 

Selon l'étude, rendue publique ce lundi, 75 % des ménages ont utilisé au moins une fois un produit pesticide dans les 12 mois précédant la date de l'enquête

Les insecticides en première ligne

En tête des produits utilisés, les insecticides (84 % des ménages ayant utilisé un produit pesticide) et notamment ceux qui servent à débarrasser nos chiens et chats de compagnie de leurs puces et autres tiques. Mais les conditions d'utilisation laissent souvent à désirer : c'est pourquoi l'Anses recommande, par exemple, d'utiliser des gants lors de l'application de ces produits, d'aérer et de ne pas laisser ces animaux traités dormir ensuite avec des enfants ou des femmes enceintes, sujets les plus sensibles. 

Viennent ensuite les biocides, utilisés contre les insectes volants et rampants. Pour cet usage, un quart des utilisateurs ne lisent jamais les précautions d'emploi indiquées sur les emballages. Les produits pour lutter contre les maladies des plantes et entretenir les espaces extérieurs, herbicides et fongicides sont aussi concernés, utilisés au minimum deux fois pas an par la moitié des utilisateurs. 

Des produits stockés mais interdits à la vente 

L'Anses définit trois types d'utilisateurs de ces pesticides : les faibles utilisateurs qui ont peu à traiter les nuisibles et qui habitent souvent dans des logements collectifs et/ou en centre ville, principalement en Île-de-France ; les forts utilisateurs qui traitent leurs animaux contre les tiques et les poux ; les très forts utilisateurs qui appliquent différents produits dans leurs jardins, maisons, piscine et pour se protéger des insectes.

Il existe par ailleurs fréquemment chez les particuliers des produits stockés, comme des fongicides ou herbicides, pourtant interdits à la vente depuis le début de l'année. 

L'Anses s’inquiète également de l'élimination des ces produits : 60 % des ménages les jettent à la poubelle, voire dans l'évier, alors qu'il faudrait s'en débarrasser dans une déchetterie ou à un endroit prévu par l'agglomération. 

L'étude révèle donc encore beaucoup de lacunes dans la connaissance et l'usage de ces produits. Il est nécessaire, selon l'agence, que selon les produits, les distributeurs (magasins ou vétérinaires), expliquent correctement les conditions d'application et que pour le reste, que les pouvoirs publics et collectivités locales diffusent les informations et conseils pratiques pour éliminer les produits qu'ils soient anciens, usagés ou interdits. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.