Selon le World Weather Atribution (un partenariat entre plusieurs établissements dont le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement à Paris-Saclay), le changement climatique a augmenté d’au moins 30 % les risques d’incendies extrêmes en Australie, comme ceux de l’année 2019.

Pompier au milieu des incendies à Nowra (Australie) en décembre 2019
Pompier au milieu des incendies à Nowra (Australie) en décembre 2019 © AFP / Saeed Khan

L’Australie a été particulièrement touchée par des feux de brousse, depuis le mois de juin 2019 des incendies massifs qui ont brûlé plus de 20 millions d’hectares de végétation, fait une trentaine de morts et tué plus d’un milliard d’animaux. Et une nouvelle étude vient confirmer ce que de nombreux scientifiques disaient déjà : oui, ces incendies ont bien été amplifiés par le changement climatique.

Selon le World Weather Attribution, "le changement climatique a été un facteur à l’origine des conditions météorologiques qui ont conduit aux incendies sans précédent de 2019/20 en Australie". Il a même, plus précisément, "augmenté d’au moins 30 % les risques d’incendies extrêmes". Et les auteurs de l’étude assurent même que cette influence est sans doute encore plus importante.

Une influence qui joue à la fois sur les causes des départs de feux (la sécheresse) et l’ampleur qu’ils ont pris ensuite. Certains aspects (comme la faiblesse de l’approvisionnement en eau ou la sécheresse des sols) sont en effet directement liés au changement climatique. Même si les chercheurs reconnaissent qu’ils n’ont pas réussi à établir de lien entre ce changement et d’autres facteurs de sécheresse (notamment le record de faibles précipitations actuelles).

Des périodes de chaleur plus fréquentes et plus intenses

En revanche, ils établissent un lien clair entre le changement climatique et la chaleur extrême, "l’un des principaux facteurs à l’origine de cette augmentation des risques d’incendies". Le pic de chaleur vécu par les Australiens du sud était en effet 10 fois plus probable en 2019 qu'en 1900 et à l'avenir, "si les températures mondiales augmentent de 2°C, les conditions météorologiques rencontrées en 2019/20 seront au moins _quatre fois plus fréquentes_".

Pour Robert Vautard, climatologue et directeur de l’Institut Pierre-Simon-Laplace à la Sorbonne, spécialisé dans les épisodes climatiques extrêmes et l'un des auteurs de l'étude, "cette étude montre pour la première fois que le changement climatique est responsable du risque de feux".

"On a pris en compte tous les facteurs de feu : les températures, les pluies qui précèdent, l'humidité relative et le vent. Et c'est principalement la hausse des températures qui a conduit à ces feux. Ce sont les activités humaines et les gaz à effet de serre qui sont responsables de l'augmentation de ces facteurs de risques. Le changement climatique est bien là, et il a occasionné ces dégâts."

Bref, le "changement climatique causé par l’homme" rend les périodes de fortes chaleurs et de sécheresse plus fréquentes, et plus intenses, favorisant les incendies massifs comme ceux que connait l’Australie depuis plusieurs mois. Des feux dont un pompier volontaire australien, interrogé dans le cadre de l’étude, assure qu’ils sont "plus grands et se sont propagés plus rapidement que tout ce que j’ai vu au cours des dizaines d’années à être pompier".

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