Une semaine après la rentrée, comment le port du masque est-il vécu par les élèves ? Par les professeurs ? La plupart disent que c'est difficile, contraignant, qu'ils ont du mal à respirer, à parler. Mais certains en profitent pour transgresser quelques règles... en toute discrétion.

Le masque n'a pas que des inconvénients en classe... Vous que cacheriez -vous derrière votre masque ?
Le masque n'a pas que des inconvénients en classe... Vous que cacheriez -vous derrière votre masque ? © Maxppp / Claude BOYER

Le masque n'a pas que des défauts pour les élèves. Il est bien utile dans certaines circonstances. Devant son établissement, un collégien pointe du doigt un de ses camarades : "Lui, il cache des chewing-gum. Il mange des chewing-gum en classe et il les cache avec le masque". Le camarade en question dément mollement. Le phénomène est bien réel. Des professeurs racontent avoir trouvé des bonbons dans des masques ! 

"On ne peut pas voir nos bouches"

Mais c'est au lycée que la pratique du chewing-gum derrière le masque paraît encore mieux rodée. Constance et ses copines racontent : "On mâche discrètement, on ne fait pas des gros mouvements de bouche sinon ça se voit. Déjà quand on n'avait pas le masque, beaucoup d'élèves avaient des chewing-gum en classe, alors là, je pense qu'il y en a plus. C'est plus facile."

Autre phénomène observé dans les classes : les bavardages, que les élèves camouflent. Mohamed explique : "Si on rigole ou qu'on bavarde, les profs n'arrivent pas vraiment à distinguer qui le fait". "On ne peut pas voir nos bouches, c'est plus discret pour nous", ajoute un autre lycéen. "Le prof ne nous voit pas et ne peut pas nous faire de réflexion comme quoi on bavarde", précise une élève qui sort de son établissement au milieu d'un petit groupe de filles. Et quand on leur demande si elles en profitent un peu, elles répondent par l'affirmative et éclatent de rire : "oui clairement", avoue l'une d'elles. 

"Ambiance de classe plus difficile à gérer"

Enseignant dans un collège de la région parisienne pour des classes de 5e et 3e cette année, Octave confirme : "Effectivement, j'ai l'impression que l'ambiance de classe est un peu plus difficile à gérer, parce que d'habitude il est assez facile et rapide d'identifier un élève qui discute. Là, c'est plus compliqué, comme on ne peut pas accuser à la volée sans avoir vraiment vu qui parlait". Il s'inquiète aussi des chewing-gum mâchés en classe et pourtant interdits : "cela peut poser problème surtout pour des questions sanitaires, parce que le chewing-gum finit toujours sous la table ou par terre"

Sophie, professeur en lycée, pense qu'elle verra facilement les masques bouger en cas de transgression des règles. Tout est question d'habitude. Dans quelques semaines, les enseignants deviendront experts et seront entraînés à remarquer le moindre petit mouvement de masque. 

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