Ce mercredi, le film "La Chute du Président", avec Morgan Freeman dans la peau du président américain en danger, sort en France. Des centaines de films américains mettent en scène un président, réel ou fictif. Tantôt héros, tantôt tourné en dérision, le locataire de la Maison Blanche est une figure récurrente.

Jack Nicholson et Robert Redford en présidents de fictions, encadrés par deux versions très différentes de Lincoln (Gregory Peck et Benjamin Walker)
Jack Nicholson et Robert Redford en présidents de fictions, encadrés par deux versions très différentes de Lincoln (Gregory Peck et Benjamin Walker) © Getty / Bettmann / Sunset Boulevard / John Springer Collection / Lars Niki

Après "La Chute de la Maison-Blanche" et "La Chute de Londres", Morgan Freeman incarne le président des États-Unis ce mercredi dans "La Chute du Président", troisième volet de cette saga de films d'action. Il prend la suite d'Aaron Eckhart, qui jouait le rôle du Président dans les deux premiers films. 

Morgan Freeman est l'un des très nombreux acteurs (et actrices) à avoir incarné un président ou une présidente des Etats-Unis ayant vraiment existé ou non. Au total, nous avons compté plus de 430 films américains dans lesquels le ou la locataire de la Maison-Blanche est incarné. Aux États-Unis, le "film de président" est presque un genre à part entière.

Lincoln, président préféré du cinéma

Sur l'ensemble des films concernés, on compte une majorité (278) dans lesquels le président mis en scène a réellement existé. Et ceux-ci se divisent en deux catégories : d'une part les biopics et films historiques, d'autre part les fictions pures. 

Un grand écart qui a donné naissance, la même année (2012), au très austère "Lincoln" de Steven Spielberg et au beaucoup plus surprenant "Abraham Lincoln, chasseur de vampires" de Timur Bekmambetov.

Avec 44 films, Abraham Lincoln est de loin le président le plus représenté à l'écran, suivi par George Washington, Theodore Roosevelt et Ulysses S. Grant (que l'on retrouve notamment dans "La Conquête de l'ouest"). Si l'on fait abstraction du président en poste, tous ont été portés au moins une fois sur grand écran... sauf un, John Tyler, aux affaires entre 1841 et 1845. Et si certains acteurs se sont spécialisés dans un rôle (Sidney Blackmer a été six fois Theodore Roosevelt), aucun acteur n'a joué plus de deux présidents différents. Parmi les rares comédiens à avoir campé deux Présidents, on trouve Robin Williams (Roosevelt et Eisenhower) et Anthony Hopkins (Nixon et John Quincy Adams)

Des présidents moins sacrés et plus actuels

Plusieurs livres et articles universitaires ont été consacrés à la question des "POTUS" au cinéma (dont Presidents in the Movies du professeur d'histoire de l'Amérique Iwan Morgan). Ils montrent globalement que l'image des présidents, qui avait tendance à être glorifiée dans les années 60, a commencé à se déliter à partir de la mort de John F. Kennedy et surtout de l'affaire du Watergate impliquant Richard Nixon. Ainsi le "Lincoln" de Spielberg montre pour la première fois un Abraham Lincoln qui utilise des moyens illégaux pour parvenir à modifier la Constitution. 

Et à cela s'ajoute un laps de temps qui a tendance à se réduire de plus en plus entre le mandat et les représentations cinématographiques des présidents : par exemple, Oliver Stone réalise "JFK" en 1991, soit 28 ans après la mort de Kennedy ; puis "Nixon" en 1995, 21 ans après le Watergate, et "W : l'improbable président" en 2008... alors que George W. Bush est encore en poste

Manipulation et dérision

Les œuvres de pure fiction, de leur côté, sont plus avant-gardistes : il y a déjà eu 11 femmes présidentes des Etats-Unis au cinéma, alors qu'aucune n'a accédé à ce poste. Et bien avant Barack Obama, les premiers présidents noirs des Etats-Unis existaient sur grand écran, comme par exemple Tommy Lister Jr. en 1997 dans "Le Cinquième élément." 

Pour autant, le rôle n'est pas forcément plus radieux pour les présidents de fiction : dans les films où la politique est le sujet principal, de "Votez McKay" avec Robert Redford aux "Marches du pouvoir" de George Clooney, il est question de manipulations, de batailles, de stratagèmes et de mensonges. Parfois, le président (ou l'aspirant président) devient clownesque, comme dans "Mars attacks" où Jack Nicholson finit... perforé, après un monologue aux accents héroïques. 

Depuis quelques années - et en particulier depuis le 11 septembre 2001, note l'Express, les Présidents ont repris un ressort héroïque, notamment dans les films d'action comme "Air Force One" en 1997 où Harrison Ford, président, sauve son avion, "Independance Day : Resurgence" en 2016 ou la trilogie "La Chute", dont le troisième épisode montre un président fort malgré une situation d'adversité. 

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