Elles sont appelées à faire grève ce vendredi contre le projet du gouvernement par le collectif "SOS Retraites", qui avait déjà appelé à une journée d'action le 16 septembre. Une "grève glissante" où les professions vont se relayer pour peser plus longtemps sur les discussions.

Manifestation des professions libérales le 16 septembre 2019 contre la réforme des retraites
Manifestation des professions libérales le 16 septembre 2019 contre la réforme des retraites © AFP / Karine Pierre / Hans Lucas

Le collectif regroupe 16 professions, qui en dehors de leur statut libéral n'ont pas forcément grand-chose de commun : médecins, infirmiers, avocats, pilotes de ligne... Ce qui les rassemble, c'est l'inquiétude grandissante face au projet de réforme des retraites, et plus particulièrement de leurs systèmes de retraite. Ils vont donc se mobiliser successivement, avec une grève "glissante" : kinés, infirmiers et orthophonistes ce vendredi ; comptables, avocats, médecins ou personnels navigants le 6 janvier.

Car malgré quelques avancées dans les discussions depuis septembre, le compte n'y est toujours pas. Notamment pour les kinésithérapeutes, avec la hausse des cotisations, comme l'explique François Randazzo, président du syndicat du secteur Alizé : "Au départ, c'était une hausse de 14 %, aujourd'hui on arrive à une hausse de 5 points de revenu, ce qui représente plus de 2 000 euros par an. Quand on resitue ça dans le contexte de notre profession, qui a déjà perdu 27 % par rapport à l'inflation depuis 2000, c'est pas supportable."

"Le gouvernement lâche petit à petit, mais pas pour toutes les professions"

Ce qui alimente aussi l'incompréhension, c'est que les annonces d'exceptions au futur régime universel se sont multipliées ces dernières semaines. La dernière en date concerne les pilotes de ligne, qui ont obtenu la garantie d'un départ à taux plein à 60 ans et le maintien de la caisse de retraite autonome. Le SNPL, syndicat majoritaire dans le domaine, s'est d'ailleurs retiré du préavis de grève de ce vendredi.

Incompréhensible, pour Sylvie Ciron, infirmière libérale en Bourgogne : "Le gouvernement lâche petit à petit, mais pas pour toutes les professions, uniquement pour des corporations... Et ça ne va pas être des régimes autonomes ou spéciaux, mais des régimes avec des spécificités particulières... Ce n'est plus vraiment un régime universel !"

Pour elle, pas question de laisser le gouvernement toucher à ces caisses de retraite spécifiques, comme celle des infirmiers : "Elle est gérée de manière autonome, par les membres des professions libérales concernées. Elle est à l'équilibre, et même excédentaire, elle se suffit à elle-même, et une partie des cotisations est reversée dans les autres régimes, donc on fait directement l'effort de solidarité."

Si rien ne bouge pour ces professions libérales à l'issue de cette grève glissante, le collectif "SOS Retraites" appelle à une fermeture de tous les cabinets le 3 février.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.