Après les dizaines de transferts de patients, les transports de matériel médical, l'armée mobilise ses réservistes dans l'opération Résilience. Ils sont actuellement une dizaine à donner un coup de main, au sens propre, aux personnels de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris.

Claudine Gard, pharmacienne, et le sergent Laurène
Claudine Gard, pharmacienne, et le sergent Laurène © Radio France / Nathalie Hernandez

Nichés au milieu des 30 hectares de la Pitié Salpêtrière, les bâtiments de stockage sont des endroits stratégiques en ce temps de crise. C'est là que sont apportées, plusieurs fois par semaine, des palettes de solutés, ces poches indispensables aux transfusions, aux dialyses ou encore à la nutrition des patients. 

Avec l’arrivée du Covid-19 tout s’est accéléré. Il a fallu faire face pour fournir les 70 services de l’hôpital de la Pitié mais aussi pour gérer les stocks, explique Delphine Lacaille, préparatrice en pharmacie à la Pitié depuis 7 ans. "C'est un poste très physique, nous avons eu aussi des arrêts maladie et les deux ou trois agents qui sont ici ne pouvaient plus à eux seuls assurer la préparation de ces palettes. On est a 10 voire 20 palettes par jour en ce moment." 

"L’activité a été multipliée par cinq", confirme Claudine Gard pharmacien hospitalier, responsable du médicament à la Salpêtrière. "C'est comme ça depuis le début de la crise, depuis le premier week-end de mars. Je suis moi-même venue chercher des solutés et chaque palette fait plus d'une tonne. La demande était de plus en plus forte. En ce moment on a jusqu'à cinq palettes par semaine au lieu des deux habituellement et il faut ensuite les redistribuer sur les 30 hectares de l'hôpital. Notre équipe composée de 5 ou 6 personnes a donc accueilli avec soulagement l'arrivée des militaires."

L'entrée de l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière
L'entrée de l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière © Radio France / Nathalie Hernandez

Un renfort bienvenu du 24e régiment d'Infanterie, constitué uniquement de réservistes (700 au total). Pour la bonne cause, ils sont 8 à avoir abandonné leur confinement pour venir ici. C'est le cas de Laurène, 28, ans sergent dans l'armée et fiscaliste dans le civil. C'est elle qui pilote le groupe de militaires affectés à l'hôpital. "Nous sommes là pour préparer les commandes, faire de la manutention ou encore à la pharmacie pour assurer la sécurité, car au début du confinement il y a eu un peu de vols dans les palettes ! D'ordinaire on effectue des missions Sentinelle, là, nous sommes très fier de faire ça , on se sent utile. Le personnel soignant peut ainsi rester plus longtemps avec leurs patients."

La mission du 24e régiment d’infanterie va se poursuivre à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière  jusqu’au 15 mai. 

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