Depuis lundi, le tableau mythique de Rembrandt, Ronde de nuit, exposé au Rijksmuseum à Amsterdam, est restauré pour la première fois en public. Une initiative déjà réalisée par le Musée d'Orsay pour "L'Atelier du peintre", de Gustave Courbet. Le but : attirer plus de monde dans les musées.

 En 2014, le Musée d'Orsay proposait une restauration en public de L'Atelier du peintre, une oeuvre de Gustave Courbet
En 2014, le Musée d'Orsay proposait une restauration en public de L'Atelier du peintre, une oeuvre de Gustave Courbet © AFP / PATRICK KOVARIK

Se renouveler pour faire venir plus de visiteurs dans les musées, c'est ce qu'essaient de faire les établissements comme le Rijksmuseum avec la restauration en public et en simultané sur internet du tableau Ronde de Nuit de Rembrandt. 

En 2014, le Musée d’Orsay avait déjà proposé au public d’assister aux travaux réalisés sur le tableau de Gustave Courbet, L’Atelier du peintre. Isabelle Cahn est conservatrice générale des peintures au sein du musée parisien. Elle a fait partie du comité scientifique qui a travaillé sur l'oeuvre et nous explique ce nouvel intérêt pour les restaurations en public.

"Dévoiler les coulisses du métier" 

Pendant un an, les experts se sont relayés pour restaurer L'Atelier du peintre, toile de 5,98 mètres sur 3,61 mètres, peinte par Gustave Courbet entre 1854 et 1855 et endommagée par les nombreux changements de lieu d'exposition. Du fait de la notoriété du tableau, le Musée d'Orsay a donc choisi de "dévoiler les coulisses des musées" en proposant une restauration publique. "Cela a eu beaucoup d'impact car c'était la première fois que le Musée d'Orsay organisait un travail d'une telle ampleur", explique Isabelle Cahn.

Pour la conservatrice générale des peintures du Musée d'Orsay, restaurer publiquement un tableau a des avantages pour les visiteurs ainsi que pour les professionnels. 

Pour le public, c'est une façon de s'approprier le musée et les œuvres, voir comment sont conservés les tableaux, les soins qu'il faut y apporter, les interventions nécessaires. Le public développe une nouvelle forme de complicité, une nouvelle approche des œuvres d'art : on ouvre un nouveau dialogue.

Pour permettre le bon déroulement de la restauration, le Musée d'Orsay avait construit une structure en verre autour de l'oeuvre. "Ce grand espace était présent pour éviter que le public n'apostrophe les experts tout en lui permettant d'observer la restauration. Il y avait une barrière sonore qui permettait aux restaurateurs d'oublier les visiteurs de se concentrer sur le tableau, il était plus simple de travailler comme cela.

Un dispositif au coût élevé et de longue haleine 

Le Rijksmuseum a déboursé plusieurs millions d'euros pour cette réalisation. De son côté, le Musée d'Orsay a fait appel à de nombreux mécènes et aux amoureux de l'art. "On a essayé de trouver des fonds grâce à une cagnotte en ligne de financement participatif. Beaucoup de personnes ont participé à la cagnotte et se sont senties investies dans le projet. Toutes voulaient sauver cette œuvre." Sur les 600 000 euros obtenus par le musée, la moitié a été récoltée par le mécénat et 155 000 euros proviennent des dons des internautes. 

Toute la restauration de L'Atelier du peintre n'a pas eu lieu devant le public. "Seulement la restauration des couches picturales, précise Isabelle Cahn. C'est-à-dire la peinture, la toile. Après, pour le travail du support, le tableau a été déplacé car l'espace était insuffisant." 

Pour réaliser les travaux, un comité scientifique composé de spécialistes de Gustave Courbet, de conservateurs, de restaurateurs français et étrangers, s'est réuni pour organiser la rénovation. "On se voyait souvent près du tableau pour effectuer des bilans et prendre en compte les perspectives, _échanger sur l'oeuvre, l'observer_. Un chantier long et qui a demandé beaucoup de travail."

Isabelle Cahn estime que ce type de restauration devrait rester limité aux grandes œuvres d'art. "C'est une grosse organisation donc les musées ne peuvent pas le faire tout le temps mais cette nouvelle communication permet de dévoiler au public les secrets des chefs d’œuvres et c'est nécessaire". 

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