"Ce sont les personnes qui en ont le plus besoin, qui en sont le plus éloignées, celles qui vivent dans des lieux exigus et qui peuvent moins se protéger, celles qui ont des métiers exposés aussi", explique Patrice Douret, le nouveau président des Restos. "Il faut les aider et nous pouvons le faire."

Les Restos du cœur peuvent être des facilitateurs pour accélérer la vaccination, estime le président de l'association.
Les Restos du cœur peuvent être des facilitateurs pour accélérer la vaccination, estime le président de l'association. © AFP

Comment faire pour vacciner les plus démunis ? Patrice Douret, l'homme qui a pris les commandes des Restos du coeur en janvier, voit la situation des personnes en difficulté se dégrader depuis que la crise sanitaire frappe. Des personnes qui, pour l'instant, ne sont pas suffisamment prises en compte dans la stratégie vaccinale. Or, elles ont besoin de manger, mais aussi de mieux se préoccuper de leur santé. 

Pas assez informées, pas suffisamment d'accès au numérique non plus pour s'inscrire sur les listes de rendez-vous par exemple. Les Restos du cœur peuvent être des facilitateurs à trois niveaux différents, estime leur président, grâce aux permanences régulièrement assurées par l’Assurance maladie depuis deux ans, dans les 2000 centres d’activités de l'organisme. 

Des colis alimentaires, de l'information et de l'aide à l'inscription

Une expérimentation dans la Somme et à Suresnes est en cours, avec un périmètre d'action qui ne propose pas seulement des colis alimentaires aux bénéficiaires en ce moment. Ils ont accès à de l'information sur la nature des vaccins. Et ils obtiennent de l'aide sur les modalités d'inscription pour la vaccination. La barrière de la langue ou le manque d'accès à Internet et le sous-équipement informatique sont autant d'entrave pour ces publics précaires. Les Restos offrent ce soutien.

Mais il faut aller plus vite et plus loin, estime Patrice Douret. "Nous pouvons proposer de mettre en place des lieux de vaccination éphémères, de type bus - des équipes mobiles qui pourraient venir à proximité de nos structures, et organiser des vaccinations, pour ceux qui le souhaitent." Mais, ajoute-il, "nous avons besoin d'une mobilisation plus forte des ARS, les agences régionales de santé"

Il insiste sur la confiance dont jouissent les Restos auprès de leurs bénéficiaires. Les bénévoles sont écoutés. Il existe 2000 centres un peu partout en France constituant un maillage très large du territoire. Il y a aussi des lieux d'hébergement, des chantiers d'insertion et des maraudes pour toucher ces publics en difficulté.