Infirmiers et aides-soignants semblent toujours aussi réticents à se faire vacciner, malgré les appels du Premier ministre, du ministre de la Santé qui leur a adressé un courrier, ou les ordres des professions de santé. Amélie, aide-soignante en Ehpad, fait partie de ceux qui disent non au vaccin.

Les soignants sont toujours aussi réticents à se faire vacciner, en tout cas coté infirmiers et aides-soignants
Les soignants sont toujours aussi réticents à se faire vacciner, en tout cas coté infirmiers et aides-soignants © AFP / Hans Luca / Quentin De Groeve

C'est un témoignage qui interroge sur la méfiance et la défiance qui règnent au sein des équipes qui travaillent en maison de retraite, au plus près des personnes âgées, particulièrement vulnérables face au Covid. 

Amélie*, 32 ans, est aide-soignante en Ehpad dans le Grand Est. Elle a refusé de se faire vacciner et elle assume son choix. Elle n'est pas la seule. Dans l'établissement de soins où elle travaille, sur 15 aides-soignantes, 5 infirmières et 5 agents hospitaliers, à peine 6 ont été vaccinées. Certaines attendent le vaccin Pfizer car elles ne veulent pas de l'AstraZenaca.

Les réfractaires ont peur des effets négatifs de ce vaccin sur leur santé et sur leur vie. Les appels du Premier Ministre Jean Castex et du ministre de la Santé Olivier Véran exhortant les personnels des Ehpad à se vacciner au plus vite au nom de la "sécurité collective", appel repris dimanche par sept ordres des professions de santé, n'ont eu aucun effet sur Amélie et sur ses collègues.  

"J'ai peur de ce que ça donnera sur les mois et les années à venir"

Amélie considère que ce vaccin n'est pas fiable et que l'on ne dispose pas de suffisamment de recul sur les effets indésirables qui pourraient apparaitre plus tard, au fil des mois ou des années. 

Estime-t-elle qu'elle met en danger les résidents en refusant de se faire vacciner ? " Non" répond la jeune femme, mère de famille, du tac au tac. Tous les résidents sont vaccinés et protégés explique-t-elle en précisant :"Nous, on a les masques, les surblouses, on a tout le matériel, et, pour moi, ils ne sont pas en danger."   

Sa hiérarchie fait elle pression sur elle pour qu'elle se fasse vacciner ? "Non pas du tout" rétorque l'aide-soignante qui développe : "À la longue je ne peux pas vous dire si j'accepterai ou pas le vaccin, mais pour l'instant c'est non!"

Pas d'obligation, pour l'instant

Interrogé sur l'éventualité de rendre obligatoire la vaccination pour les soignants, Olivier Véran a indiqué privilégier "pour l'instant le dialogue et la conviction". Pour l'instant donc...

"Si c'est vraiment obligatoire, bon, ben à un moment donné on n'aura pas le choix", admet Amélie qui ajoute que certains ne voudront jamais s'y résoudre. "J'ai déjà entendu des collègues dire que si ça devenait obligatoire elles changeraient de métier" ajoute-t-elle. "Elles sont vraiment catégoriques, elles refusent le vaccin" 

* Le prénom a été modifié