Des médecins "stars" se sont fait vacciner pour montrer l'exemple, mais le débat concernant le vaccin continue en coulisses. Au sein même du personnel soignant, avec une plus grande frilosité des paramédicaux

Des médecins comme Jean-Paul Ortiz, président de la confédération des syndicats médicaux français, se sont fait vacciner dès que possible, mais est-ce le souhait de tous les autres ?
Des médecins comme Jean-Paul Ortiz, président de la confédération des syndicats médicaux français, se sont fait vacciner dès que possible, mais est-ce le souhait de tous les autres ? © AFP / Pool / Christophe ARCHAMBAULT

Des soignants devraient être vaccinés dès ce samedi avec le vaccin AstraZeneca a indiqué jeudi soir le premier ministre Jean Castex. Mais sont-ils si demandeurs ? Quels sont les chiffres depuis qu'ils ont accès à la vaccination ? Un gap semble bel et bien exister entre les médecins, qui se vaccinent, et les paramédicaux, qui semblent plus réfractaires ou indécis. De grands chefs de service, d'ailleurs, se sont fait photographier torse nu pour leur première injection et les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Elles sont exemplaires, se veulent incitatives, mais que représentent ces médecins parmi les soignants ? 

Hors crise sanitaire, si on prend l'exemple du vaccin contre la grippe, la vaccination ne déplace pas les foules parmi les professionnels de santé. À l'hôpital, un tiers d'entre eux seulement se font vacciner, les médecins surtout à 67%, les sages-femmes 48%, les infirmiers 36%, et seulement à 21% les aides-soignants. Dans les Ehpad, la moitié des soignants les plus âgés adhèrent au vaccin Covid, mais les plus jeunes semblent plus difficiles à convaincre. 

À l'AP-HP, bientôt un quart du personnel vacciné

Les hôpitaux de Paris, qui ont déjà vacciné 18% de leurs personnel, n'ont pas encore de répartition précise par catégorie professionnelle, mais Catherine Paugam, directrice générale adjointe de l'APHP, constate également une différence de comportement, face au vaccin, entre médecins et paramédicaux : "Effectivement, il y a probablement une différence d'adhésion avec une population médicale qui semble à l'évidence plus se vacciner que les paramédicaux. Pour nous c'est un enjeu majeur d'aller au contact et d'aller poursuivre nos campagnes d'information."

Informer, pour convaincre, mais sans forcer, l'idée d'une vaccination obligatoire des soignants formulée par certains observateurs n'est pas l'option retenue pour l'instant.