En augmentation très nette fin 2017 après la vague #MeToo, les chiffres s'étaient tassés à la fin de l'année dernière. Ils sont de nouveau en nette hausse, sur un rythme annuel de +10%. L'effet de la libération de la parole et d'un meilleur accueil des victimes, selon le ministère de l'Intérieur.

4 600 faits de violences sexuelles ont été enregistrés le mois dernier.
4 600 faits de violences sexuelles ont été enregistrés le mois dernier. © AFP / Riccardo Milani

Si les victimes qui portent plainte restent une minorité, le chiffre des violences sexuelles enregistrées par la police et la gendarmerie a augmenté de 6% le mois dernier, soit un rythme annuel de +10%, et une hausse de plus de 30% depuis 2017.  

4 600 faits de violences sexuelles enregistrés en juillet

La hausse du mois de juillet n'est sans doute pas significative en soi, car ces chiffres connaissent de fortes fluctuations. Mais c'est une tendance de fond, qui s'est amorcée depuis 2009. Près de 4 600 faits de violences sexuelles ont été enregistrés le mois dernier, c'est  deux fois plus qu'il y a cinq ans.   

L'accueil s'améliore, les enquêtes doivent suivre

Le service statistique du ministère de l'Intérieur y voit deux explications : le contexte de libération de la parole et l'amélioration de l'accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie. 

Emmanuelle Piet est présidente du Collectif féministe contre le viol, qui assure un accueil téléphonique au numéro Viols femmes informations, le 0 800 05 95 95. Elle partage en partie cette analyse, même si l'accueil, dit-elle, reste inégal.

Les femmes ont plus de courage pour parler. Par contre, beaucoup nous parlent encore d'enquêtes difficiles, de refus de plainte... Ces derniers temps, on note quelques améliorations : des femmes nous disent avoir été mieux reçues par les policiers. 

Hausse du nombre de plaintes pour viol, baisse des condamnations

Paradoxalement, depuis dix ans, le nombre de plaintes pour viol augmente et celui des condamnations baisse de 40%, d'après une précédente étude du ministère de la Justice. Il y a beaucoup de classements sans suite."Bien sûr les policiers prennent peut-être plus de plaintes, néanmoins les enquêtes préliminaires ne sont pas encore à la hauteur des demandes des victimes", souligne Emmanuelle Piet. Pour les associations il faut aussi mettre l'accent sur la qualité du recueil de plainte, et des investigations qui s'ensuivent.

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