Le tout petit Poucet de la sphère numérique, le métamoteur de recherche Lilo, annonce avoir redistribué 2 millions d'euros à des associations grâce à la fréquentation de ses pages.

Le méta-moteur de recherche Lilo reverse une partie de son chiffre d'affaires sous forme de dons
Le méta-moteur de recherche Lilo reverse une partie de son chiffre d'affaires sous forme de dons © Lilo

Lilo est un métamoteur de recherche monté par une équipe française en 2015. Contrairement à Qwant, Lilo se sert des résultats de Google et de Yahoo pour répondre aux requêtes des internautes. L'équipe n'a jamais eu l'intention, ni les moyens de se montrer plus futée ou plus puissante que les géants du web. Son originalité, c'est de transformer les requêtes en solidarité. Comme le métamoteur allemand Ecosia, qui verse 80 % de son chiffre d'affaires à la reforestation, Lilo élit régulièrement des projets d'associations à soutenir. 

Lilo compte un million d’utilisateurs uniques par mois et a enregistré plus d’un milliard de requêtes depuis 2015. Les utilisateurs accumulent, à chaque recherche, des "gouttes d'eau". Avec 1 000 gouttes, on génère environ 4 euros. Cet argent sert au financement d'organisations présélectionnées par l'équipe de Lilo. Les internautes choisissent dans le catalogue des projets soutenus par Lilo, celui de leur choix. 

Il s'agit d'organisations qui interviennent dans les domaines de l'environnement, le social, le bien-être animal et la transformation des modes de vie. Depuis 2015, Lilo a redistribué la moitié de son chiffre d'affaires, soit 2 millions d'euros. Pour célébrer cette générosité, Lilo double le montant des dons reversés en septembre.

Au regard de ses propres statistiques, Lilo observe désormais les causes qui intéressent le plus les internautes. Pour Sophie Bodin, la directrice de Lilo, ce sont les sujets environnementaux et la transformation des modes de vie et de société qui suscitent le plus d'intérêt. ''Là où les formes traditionnelles de dons privilégient le social, les dons observés sur Lilo témoignent de l'intérêt croissant des Français pour l'environnement au profit d'une plus grande diversité d'acteurs", explique-t-elle. 

Ne rien changer dans ses habitudes et changer le monde

Les dons perçus vont de quelques milliers d'euros, à 100 000 euros environ. Pour certaines associations, c'est la possibilité de financer des projets complets. Sauvetage des tortues à Mayotte, reforestation en Amazonie, aménagement pour l'hôpital des enfants à Paris... 

Colibris, créé sous l'impulsion de Pierre Rabhi, est la première association élue par Lilo. Colibris a récolté depuis 2015, plus de 90 000 euros. Elle a engagé un vaste projet de structuration d’un réseau d’'Oasis' en milieu rural ou urbain : écohabitat partagé, écohameau, écoquartier, écovillage, commune engagée dans une transition. Ce mois-ci, Colibris lance aussi un mooc pour apprendre à trier ses déchets.  

Pour aider ces projets, pas besoin d'avoir du temps ni de l'argent à donner. Il suffit de continuer à chercher sur internet ou bien faire ces achats avec l'extension Lilo Shopping. "Ça change complètement la façon de donner, explique Sophie Bodin, on ne demande pas au gens de changer d'habitude, ils n'ont rien à faire ou à donner de leur poche, il suffit de faire ses recherches sur Lilo et de cliquer sur l'association qu'ils veulent soutenir."

Le système fonctionne ainsi sur Lilo Shopping : c’est une extension qui permet de gagner des gouttes d’eau supplémentaires lors de ses achats sur Internet. 1 à 7 % de la valeur de l’achat est reversée à l’internaute sous forme de gouttes. 

Pour déposer un projet auprès de Lilo et obtenir les gouttes d'eau des internautes, il faut qu'il soit à vocation sociale ou environnementale, porté par une structure existante depuis au moins un an ou avoir au moins 2 000 soutiens.  

Petite équipe, petit chiffre d'affaires, projets modestes en communication et ambitieux en résultats, Lilo s'inscrit dans une nouvelle démarche économique. Historiquement, est-ce que ce ne sont pas les grains de sable qui ont fait basculer les géants ?  

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