Amélie Nothomb se vante d'être une auteur prolifique. "J'ai déja écrit 61 romans!" s'exclame-t-elle, émerveillée .On rêve de la saisir par le col et de répliquer, en haussant la voix: "Ma petite fille, tu ferais mieux d'écrire moins et mieux. Tu es douée, mais là, tu reprends ta copie!"Son dernier opus, "le fait du prince", chez Albin Michel, consterne par sa paresse. L'intrigue est vaguement policière. Un homme sonne à la porte d'un autre parce qu'il doit téléphoner. Une fois entré, l'appareil en main, il tombe raide mort. Bigre, que faire? Le narrateur a une idée folle : prendre l'identité de cet homme, filer à son domicile. Et voilà que, porté par son audace, il s'impose dans le quotidien de cet inconnu, auprès de son épouse. On se dit à certains moments que la dame écrit dans le souvenir des films de Woody Allen (qu'elle finit par citer d'ailleurs). Mais le cinéaste, habitué lui aussi à produire une oeuvre par an, nourrit ses scénari de plus d'étrange, d'humour et de romanesque. Ici, le roman sonne plat, même s'il semble aussi inspiré de la lecture de certains auteurs des Editions de Minuit, Oster ou Toussaint dont on apprécie cette façon de glisser, de déraper du réél vers une situation fantasque ou fantastique. Un art que ne possède pas Nothomb. L'écriture est facile, les situations fort banales. Pas la moindre recherche de style ou d'originalité. C'est à l'évidence écrit en quelques jours, du grand n'importe quoi.

Amélie
Amélie © Radio France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.