Affiche Angoulême 2016
Affiche Angoulême 2016 © Radio France
**[Polémique] Deux principaux syndicats d’éditeurs réclament une refondation du festival de BD d’Angoulême, et demandent à la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, l’intervention d’un médiateur.** Cette fois-ci, la coupe est pleine. Trois semaines après la clôture du Festival d’Angoulême, les représentants de la majorité [des éditeurs de bande dessinée publient un communiqué ](http://www.sne.fr/communique-de-presse-des-editeur-de-bande-dessinee-sauvons-le-festival-dangouleme/)sur le site de [**Livres Hebdo** ](http://www.telerama.fr/livre/des-editeurs-de-bd-menacent-de-boycotter-le-festival-d-angouleme,138809.php).[](http://www.livreshebdo.fr/system/files/assets/document/sauvons_le_festival_d_angoule_me.pdf)Ils signifient aux organisateurs leur lassitude. Les 41 éditeurs signataires annoncent qu’ils ne participeront pas au prochain FIBD s’il n’est pas réformé. La dernière édition avait été émaillée de bourdes, rappellent-ils : > Le Festival a cumulé les errements : [absence de femmes dans la liste des auteurs éligibles au Grand Prix de la Ville d'Angoulême,](http://www.franceinter.fr/depeche-grand-prix-d-angouleme-des-dessinatrices-appellent-au-boycott) mécontentement des auteurs souvent mal traités par l'organisation, baisse de la fréquentation, opacité dans les sélections des prix, cérémonie de clôture désastreuse Inquiets que le Festival "ne décrédibilise leur profession aux yeux du monde entier", ils veulent "en finir avec les problèmes d'organisation et les polémiques qui, quand elles ne sont pas initiées par les élus locaux, sont provoquées par les organisateurs eux-mêmes". Ils en appellent pour cela à la nouvelle ministre de la Culture. Ils demandent à **Audrey Azoulay de** les recevoir et de nommer un médiateur pour "repenser le festival en profondeur, dans sa structure, sa gouvernance, sa stratégie, son projet, et ses ambitions." ### Guy Delcourt : "On attend une remise à plat complète du festival" L'éditeur Guy Delcourt, président du groupe Bande dessinée au sein du SNE (Syndicat national de l'édition) : > Ce qu'on attend c'est une sortie par le haut, une remise à plat complète du festival qui est un empilement depuis 43 ans d'organisateurs, de financiers, de pouvoirs publics (la mairie, la région, Le Grand Angoulême), autour d'un musée, d'écoles, et une pépinière d'auteurs... C'est formidable, mais malheureusement ça a été construit de manière très disparate. Aujourd'hui, **il faut remettre tout ça à plat. Refonder complètement ce festival, notamment sa gouvernance, qui n'est plus opérante.** Le Festival est détenu par une association d'amateurs, ce qui était très bien au début, mais qui n'est plus à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui. Il est dirigé par une société privée, ce qui n'est pas normal à nos yeux. Il faut tout revoir :**sa stratégie, sa vision, sa gouvernance, pour un festival qui rayonne dans le monde entier** et qui malheureusement subit les sarcasmes du monde entier.
### Les auteurs : "sans auteurs, pas d’éditeurs, pas de festivals" [Sur le site de leur syndicat le SNACBD](http://www.syndicatbd.org/sauvons-dabord-les-auteurs/), les auteurs de BD réagissent en publiant un texte "Sauvons d'abord les auteurs". S'ils partagent le souhait de refondation du festival, ils regrettent ne pas avoir été consultés ni par le SNE, ni par le SEA. Surtout, ils préféreraient que les éditeurs s'intéressent à la situation des auteurs paupérisés. Ce qu'explique le dessinateur Lewis Trondheim : > Dans tous les festivals, il y a des couacs. On peut toujours améliorer les choses. **Le souci majeur, à Angoulême, c'est qu'il n'y a pas de directeur artistique en tant que tel.** Ce qui m'ennuie le plus, c'est qu'on en parle beaucoup alors qu'on évoque peu le problème de la réforme de la retraite des auteurs. Pour la financer, on va leur ponctionner 8% de ce qu'ils gagnent, soit un mois de salaire en moins. Les éditeurs sont prêts à râler parce que le festival leur coûte cher, que les organisateurs font n'importe quoi, que ça dévalorise la BD, ce qui est vrai. Mais ce qui nuit à l'image du secteur, c'est que beaucoup d'auteurs vont se retrouver sur la paille. J'aurais bien aimé que les éditeurs aient le même enthousiasme pour aller voir la ministre pour lui demander qu'elle nous aide.
### ### La liste des éditeurs signataires [SNE : ](http://www.sne.fr/communique-de-presse-des-editeur-de-bande-dessinee-sauvons-le-festival-dangouleme/)Casterman, Dargaud, Delcourt, Denoël, Fluide Glacial, Futuropolis, Gallimard, Glénat, Jungle, Le Lombard, Panini, Rue de Sèvres, Sarbacane, Soleil, Urban et Vents d'ouest. 25 adhérents du SEA avec parmi eux : L'Association, Çà et Là, La Cafetière, La 5ème Couche, Cornélius, 2014, Frémok, L'Employé du Moi, Le Lézard Noir, Les Requins Marteaux, Les Rêveurs, Misma, Vide Cocagne, The Hoochie Coochie. [La BD : quoi de neuf docteur ? La crise ](http://www.franceinter.fr/emission-le-nouveau-rendez-vous-la-bd-quoi-de-neuf-docteur)dans Le Nouveau rendez-vous de Laurent Goumarre ### Retour sur l'édition 2016 du Festival [<a target="_blank" href="//storify.com/franceinter/angouleme-2016-comme" target="_blank">View the story "Angoulême 2016, comme si vous y étiez" on Storify</a>]
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