Parfois la bande dessinée se fait sombre. Très sombre... Mais la tristesse n'empêche pas la beauté, ni l'humour. Zoom sur trois albums qui explorent avec brio le fait divers, le crime collectif, ou l'apocalypse.

Noir comme un fait divers

La favorite
La favorite © Actes Sud BD / de M Lehmann

La favorite de Matthias Lehmann paru chez Actes Sud BD

Cela commence de manière classique : Constance se souvient qu’enfant, le grenier de sa grand-mère la terrorisait. Avec ce titre, et ce prénom, on pense à la comtesse de Ségur. Mais très vite, le lecteur comprend que quelque chose de pas net se trame dans cette grande maison bourgeoise.

La jeune fille n'en est peut-être pas une, ses grands-parents ne sont peut-être pas les siens, et le prétendu papi picole. Il en veut à sa femme qui martyrise l’enfant. "La petite" grandit sans savoir comment ses parents sont morts.

Seule l’arrivée de gardiens portugais au fond du parc vient aérer l’atmosphère. Le splendide dessin de Matthias Lehmannfait de hachures à la plume souligne le malaise . Inscrite dans les années 1970, l’histoire multiplie les détails sur l’époque qui renforcent la fascination pour "La Favorite", jusqu'au dénouement.

J’ai pensé à la littérature enfantine du XIXe où tout était bon pour faire la morale aux enfants

Matthias Lehmann :

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La favorite de Matthias Lehmann est édité par Actes sud BD

Noir comme un crime collectif

Le rapport de Brodeck
Le rapport de Brodeck © Radio France

Le rapport de Brodeck de Manu Larcenet chez Dargaud

Magistrale. C'est le mot qui vient pour qualifier l’adaptation du "Rapport Brodeck" de Philippe Claudel par Manu Larcenet. L’histoire : dans un temps qui évoque de manière vague l’époque du nazisme, un meurtre collectif a été commis dans un village. La victime est l’autre, der Anderer qui séjournait dans ce lieu près de la frontière allemande.

Les tueurs exigent d’un certain Brodeck de retour de déportation d'écrire un rapport sur leur crime, qu’ils appellent l'Ereigniës,l’événement pour que ceux qui le liront "comprennent et pardonnent".

Manu Larcenet a dépouillé son dessin élégant en noir et blanc pour n’en garder la substantifique moelle.

Ce n’est pas simple de se confronter aux mots des autres.

Manu Larcenet :

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Le rapport de Brodeck par Manu Larcenet est paru chez Dargaud

Noir comme une apocalypse nucléaire

Le confesseur sauvage
Le confesseur sauvage © Radio France

Le confesseur sauvage de Foerster paru chez Glénat

Après un cataclysme nucléaire les habitants de Tchernobourg, subissent des transformations. L’un d’eux, devenu moitié poulpe a aussi reçu un don : s’il pose une de ses tentacules sur l’épaule de quelqu’un, la personne se confesse aussitôt.

Le confesseur sauvage , rapporte ces confessions à travers une série d’histoires de plus en plus noires, qui racontent une humanité devenue monstrueuse.

Comme cet homme dont la main devient araignée, ou cet enfant colérique et violent aux pouvoirs surnaturels ou encore ce garçon à qui il pousse des croix sous la peau…

Le dessinateur propose avec un humour particulièrement noir une vision pessimiste de l’humanité.

Une imagination qui vient de mon enfance. J’ai grandi pendant la guerre froide. On voyait tout le temps des explosions. Je faisais souvent un rêve récurrent de champignon atomique…

Philippe Foerster :

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Le confesseur sauvage de Foerster est paru chez Glénat

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