Trois nouvelles BD ont retenu notre attention pour leur qualité graphique.

Pebble Island de Jon Mc Naught (Dargaud), Les spectateurs de Victor Hussenot (Gallimard BD) et L’été Diabolik (Dargaud)

L’été diabolik , superbe album psychédélique

L'Été diabolik
L'Été diabolik © Dargaud / A Clerisse - T Smolderen

Un match de tennis, un père au comportement étrange, des vacances, une première expérience sexuelle, la découverte du LSD, une amitié estivale, le tout dans une histoire menée de main de maître, et dans un décor flamboyant. Au départ de L'Été diabolik , il y a une image gravée dans la tête du scénariste Thierry Smolderen : une lumière de phare à l’arrière d’une voiture qui se réfléchit sur le visage d’un conducteur et finit par former un masque. C'est une référence à Diabolik sorte de cousin Italien de Fantômas, un héros de BD des années 60 inventé par Angela et Luciana Giussani et adapté au cinéma par Mario Bava. Thierry Smolderen a également puisé dans ses souvenirs de jeunesse : l'été de ses 15 ans, alors ado sage et peu sûr de lui, il avait été très impressionné par un jeune mythomane.

Le scénariste a abreuvé le dessinateur Alexandre Clerisse (qui fut son ancien élève) de références graphiques, du design italien aux dessins animés de Hanna-Barbera (Scooby-Doo ), en passant par les toiles de Guy Peellaert ou David Hockney… Puis il a construit un récit vif entre polar, roman d’espionnage, et quête initiatique dans lequel les apparences sont trompeuses. Les couleurs, et le dessin psychédélique d’Alexandre Clérisse servent magnifiquement l’atmosphère gaie de ces sixties revisitées. Et confirment le talent du duo déjà remarqué en 2013 avec_ _Souvenirs de l’empire de l’atome , un hommage à la science-fiction des années 50.

►►►Retrouvez la sélection BD de l'été 2016 de France Inter avec Séquencity

La ballade ultra contemplative de Victor Hussenot dans Les spectateurs

Là aussi, le dessin à l’aquarelle est superbe quoique plus sage. Victor Hussenot a mêlé ses fines observations de fugues urbaines à de la fiction. Un personnage sous forme d’ombre nous guide à travers ces histoires. Pour marquer les transitions entre chaque récit, des scènes le montrent changer de costume. Peu de paroles. Mais des pensées poétiques et à la fin, une très douce promenade.

Feuilletez quelques pages

Histoires de Pebble Island, très jolies histoires muettes de Jon Mc Naught

Jon Mc Naught est anglais. Comme nous tous, il a vécu des dimanches mornes et pluvieux - ils lui ont même inspiré un de ses précédents livres, Dimanche (primé à Angoulême en 2013), où des enfants grimpent sur un toit pour tromper leur ennui. Depuis sa fenêtre, Mc Naught relève les détails poétiques du quotidien.

Dans des petites cases aux formats variables, qui rappellent la pellicule cinéma, il dessine très simplement, des détails (les feuilles d’arbre et les oiseaux) ou des gestes rapprochés. En trichromie, et en recourant souvent aux pointillés, le dessinateur installe une atmosphère, et un rythme paisible. Après la maison de retraite de Automne ,Histoires de Pebble Island évoque les Îles Malouines, où l'auteur a vécu. Soit trois petits récits (Zone humide, Visiter Pebble Island, Radiodiffusion ), autour de l'ennui ou de la publicité mensongère, dans lesquels l’humour affleure avec délicatesse.

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