Phases finales de la Coupe du monde de football au Brésil: six choix de littérature ballon au pied. Une série proposée par Sylvain Alzial de la bibliothèque de Radio France et Niels Pedersen. Aujourd'hui Valerio Magrelli et Adieu au foot .

Quatre-vingt-dix récit-souvenirs

Adieu au foot de Valerio Magrelli est un livre composé en quatre-vingt-dix récits-minute et divisé en deux parties de quarante-cinq minutes chacune . Composé comme un match de football, le livre regroupe des souvenirs, notamment lorsqu’il jouait avec son père le dimanche ou dans le club de l’AS Roma. Souvenirs qu’il a de matchs auxquels il a assisté (coupe du monde 1970, RFA-Italie par exemple) ou encore de son fils en train de jouer au football sur sa Playstation. Le livre montre que pour Magrelli ce sport a été une passion , très présente dans sa vie comme en témoigne les quatre-vingt-dix souvenirs qu’il y a inscrit.

Valerio Magrelli
Valerio Magrelli © DR

Il y a quelques années à peine, mon fils jouait encore au foot sur certaines des places les plus anciennes de notre ville. Aujourd’hui ce n’est plus possible, c’est interdit, et sûrement à juste titre. Toutefois, si avant on le pouvait, c’est parce qu’il y avait encore une mesure, c'est-à-dire une proportion, entre ces espaces intacts, immaculés, et les quelques garçons qui les élisaient comme lieux de loisir. Ce fut beau de voir une place historique où certains jouaient au foot comme s’ils étaient chez eux. Ce fut beau d’assister à une utilisation familière et fraternelle de la ville, où le respect n’interdisait pas la possession. C’est une expérience désormais obsolète, opportunément refusée aux foules qui ont envahi les métropoles.

Mais ce fut beau d’avoir participé, même pour un fragment de temps, à un sentiment urbain prémoderne.

VALERIO MAGRELLI , Adieu au foot (quatre-vingt-dix récits de une minute), traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli en collaboration avec René Coronoa, Actes Sud 2012.

"La nostalgie du beau jeu"... Grande foutaise que les générations nous précédant ont inventé. L'épiderme qui se glace, les poils se hérissent, piqué à vif nos générations (à juste titre) ont du mal à laisser passer ce genre de diffamations caractérisées. Rupture des tibias imminentes pour nos ancêtres... Pourquoi? Parce que le football n'avait jamais vu avant Pep Guardiola un club comme le FC Barcelone, capable de faire vibrer toute l'Europe au rythme des buts qui s'enchaînent et des folles envolés. Parce que le foot n'avait jamais vu de Zlataneurs comme Ibrahimovic, Ronaldo, Messi...! Rien que ça... Alors même si parfois dans un pays bien connu pour ses beau-parleurs, les matchs se jouent à coup de voyance et billets, même si parfois l'argent investi dans le ballon rond n'est pas toujours clean, l'extase n'en est pas moins intense quand vient la volupté du match gagné!

Victoire 3-0 de Niels Pedersen contre les nostalgiques du football

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