Charles Berberian était l’invité d’Augustin Trapenard dans Boomerang . Jouer des mots et des images, c’est son métier, puisqu’il est auteur de BD...

Couverture Le Bonheur occidental
Couverture Le Bonheur occidental © Fluide Glacial / Charles Berberian

Charles Berberian était l’invité d’Augustin Trapenard dans Boomerang . Jouer des mots et des images, c’est son métier, puisqu’il est auteur de BD. Avec son complice de toujours, Philippe Dupuy, il a croqué les tribulations d’un trentenaire parisien, les états d’âme d’une ado, et le monde des bobos. Ces jours-ci, il publie en solo Le bonheur occidental un livre décalé, décapant, un rien désabusé…Augustin Trapenard : A la fin de l’année dernière, vous avez participé avec 34 auteurs à un ouvrage collectif dans le but d’exprimer votre soutien à l’accueil des réfugiés. Et un sondage Globscan pour Amnesty International déclare que 82% des Français sont favorables à l’accueil des réfugiés et 63% estiment que le gouvernement n’en fait pas assez. Ça vous surprend ? > J’avais accepté de participer à ce livre, parce que je suis moi-même un migrant. Avec mes parents, on est arrivés en 1975 à Paris du Liban. Parmi les auteurs de BD, beaucoup sont d’origine étrangères : Bilal, Sattouf... Et ils évoquent ces sujets. Dans la musique ou la BD, les rencontres sont toujours les bienvenues. Notre culture, la culture française est faite de mélanges. Elle grandit en se mélangeant. Pour moi, il faudrait même que 100% soient pour des mélanges. On sait maintenant qu’on vit tous sur cette même petite planète. Et donc, cette culture qui s’enrichit représente de plus en plus cette petite planète, et j’aime bien cette idée. La question des réfugiés cristallise les débats depuis un an en Europe. On l’a vu hier avec les résultats de l’élection présidentielle en Autriche. Qu’est-ce que ça vous inspire ? > Un gros malaise . Il y a une peur qui pousse les gens à se réfugier dans une forme de repli sur soi qui est très mal venu. Les jours où je suis optimiste, je me dis que ce sont les derniers, qu’ils sont peu nombreux et qu’ils font feu de tout bois pour essayer encore d’exister. Parce que le monde change, que la jeunesse qui arrive a des idées plus ouvertes parce qu’ils connaissent mieux les cultures mitoyennes et éloignées. Mais c’est les jours où je suis optimiste que je pense ça. Cette question de l’Europe, vous la traitez en priorité dans ce Bonheur occidental. Pourquoi ? > Je voyage énormément. Et à chaque fois que je me retrouve sur le continent américain, ou en Asie,je trouve que l’on a quelque chose en commun nous autres les Européens. C’est quelque chose de très culturel. Un lien que l’on peut voir de ville en ville . Un exemple ? La culture Art déco que l’on trouve aussi bien à Bruxelles qu’à Paris, Barcelone, Prague… Les artistes comme Gaudi, Eiffel ou Horta, ont voyagé et ont construit des immeubles, des monuments. Cette réalité européenne est forte. Le bonheur occidental se réalise à travers la bonne santé de l’Europe, selon vous ? > Il se réalise malgré une très mauvaise gestion économique, une mauvaise perspective politique réduite à des contingences économiques. C’est ce que vous racontez dans ce livre avec le personnage de François Hollande et son fameux cerceau européen : > Ce n’est pas une invention de celui que j’appelle Orlando Mollande dans cette BD. Personne ne sait qui a inventé ce concept de cerceau qui serait de rassembler l’Europe autour du Hula hoop, ou de quelque chose qui est de l’ordre de l’amusement ou de la fête.C’est une idée très bête que j’ai eu. Mais j’aime bien démarrer sur une idée bête, et voir où ça me mène. L’explication, c’est à chacun de la trouver, moi, je n’en ai pas. Le bonheur qu’est-ce que c’est pour vous ? > Concrètement aujourd’hui, c’est d’éviter les mauvaises nouvelles ou d’apprendre à vivre avec sans me laisser tellement envahir. En ce moment, je suis dans une "période Jean Giono". Il répond mieux que moi à cette question. Il dit à peu près que le bonheur ce sont ces petits moments que l’on peut trouver dans la vie de tous les jours : la visite d’un ami, un bon repas, ressentir une émotion, trouver et transmettre un peu de bienveillance.

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Le Bonheur occidental de Charles Berberian est publié chez Fluide Glacial

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