Sortie aujourd’hui des 13e aventures de Corto Maltese "Sous le soleil de minuit" chez Casterman, un album placé sous le signe du froid, et de la glace.

Détail de la couverture de "Sous le soleil" de minuit de Juan Díaz Canales et et Rubén Pellejero, d'après Hugo Pratt
Détail de la couverture de "Sous le soleil" de minuit de Juan Díaz Canales et et Rubén Pellejero, d'après Hugo Pratt © Casterman

Casquette de marin vissée sur la tête, une boucle d’oreille, un léger sourire, l’aventurier Corto Maltese est de retour. Le héros d’Hugo Pratt revient vingt ans après la mort du dessinateur pour un 13e opus placé sous le signe du froid dans Sous le soleil de minuit. Ce sont deux Espagnols qui ont repris le flambeau : Juan Diaz Canales (Blacksad, un polar en milieu animal) au scénario nerveux et plein de rebondissements, et Ruben Pellejero au dessin très fidèle à l’original, même s’il se défend d’avoir voulu le copier :

Au début, nous voulions faire une copie systématique du dessin d'Hugo Pratt. Mais je pense que ce n'est pas possible, on aurait fait forcément moins bien. Nous avons plutôt cherché l'esprit de l'oeuvre Corto Maltese. Faire des dessins que tout le monde reconnaît ne présente pas d'intérêt. Je suis allé chercher dans mon ancienne façon de dessiner qui était alors influencée par Pratt.

La mission de Corto ? Transmettre une lettre de la part de Jack London à une vieille amie. Pour cela il délaisse l’exposition universelle de San Francisco pour mettre cap au Nord dans le Yukon, entre l’Alaska et le Grand Nord canadien. Sur sa route, il croise le découvreur noir oublié du pôle Nord (qui fait reculer les ours !), un improbable Robespierre inuit trancheur de têtes …

Ce Corto Maltese moderne peut parler aux jeunes d'aujourd'hui, selon Juan Diaz Canales :

Corto Maltese pour moi est un classique. Et tous les classiques ont une part de modernité. Chaque fois qu'on fait une reprise d'Ulysse, de Don Quichotte ou de Batman, ça reste d'actualité. J'aime parler d'Hugo Pratt comme l'inventeur d'un genre : l'aventure idéologique. On a encore besoin des récits qui parlent des frontières du fanatisme. Moi, je suis tombé amoureux de Corto alors que j'étais jeune. Et c'est une oeuvre qui s'adresse aux jeunes et les pousse à la réflexion tout en restant divertissante.

Derrière le « coup » éditorial de Casterman, on retrouve avec plaisir l’Ulysse de la BD, dans cette nouvelle aventure vingt-trois ans après Mù, assez fidèle dans ses références et dans son esprit.

Rubén Pellejero, le dessinateur du nouveau Corto, commente la page 14

Juan Diaz Canales - Ruben Pellejero
Juan Diaz Canales - Ruben Pellejero © Casterman / I.Franciosa

C'est une page très importante du livre : elle montre Corto qui réfléchit avec la lettre de son ami Jack London. C'est une image assez lyrique du temps qui passe. La 5e case, c'est San Francisco qui a disparu dans la brume. L'action va bientôt se situer en l'Alaska. C'est Corto qui descend vers l'aventure. Cette planche, c'est une frontière très émouvante entre Corto en Amérique, et Corto dans le nord Canadien.

On voit aussi des feuilles qui tombent, c'est une de mes obsessions, qui me vient de Pratt.

La première case, c'est un changement de style au niveau du dessin : c'est un flash back, et ça, c'est une innovation dans Corto Maltese.

Page 14 - Corto Maltese
Page 14 - Corto Maltese © Casterman / Juan Diaz Canales - Ruben Pellejero

Feuilletez quelques pages

Corto Maltese , Sous le soleil de minuit de Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero est édité chez Casterman

►►► Juan Diaz Canales, le scénariste, Benoît Mouchard, l'éditeur et Jean-Claude Guilbert, ami d'Hugo Pratt, invités de Laurent Goumarre dansLe nouveau Rendez-vous

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