David Grossman
David Grossman © corbis

David Grossman est né en Israel et défend dans ses romans comme lors de ses interventions sur le devant de la scène internationale, une vision et un engagement, autant poétiques que politiques. Après le succès de Une femme fuyant l'annonce (Prix Médicis étranger en 2011), et un pas de côté vers l'écriture poétique avec Tombé hors du temps . Il revient à la prose, dans son dernier livre, Un cheval entre dans un bar. Il y dessine, à travers le portrait d'un humoriste en souffrance, le portrait d'une société qui ne connait pas la paix. L'écrivain David Grossman était l'invité d'Augustin Trapenard dans Boomerang. Il lui a demandé : « Vous y croyez encore à la paix ? »

Je crois toujours à la paix en dépit du fait que cette possibilité de paix s’éloigne de plus en plus dans l’endroit d’où je viens [Israël]. Il y a de plus en plus de gens qui sont déçus qui ne croit plus à la venue de la paix. Ce faisant, il collabore à la poursuite de la guerre. Je crois qu’il y a quelque chose de désespérant de savoir qu’il faut toujours vivre à l’ombre du glaive et mourir par le glaive. Il y a une autre possibilité. On peut vivre autrement. Il y a toujours la possibilité de choix. Nous ne sommes pas des victimes éternelles.

On ne peut rien obtenir sans un dialogue. Mais un dialogue sur le plan de l’égalité des forces. Les guerres n’ont amélioré en rien notre situation. Nous avons utilisé qu’une seule fois la voie de la Paix avec Les Accords de Camp David en 1993 de façon sérieuse entre nous et les Palestiniens. On a été déçus tellement rapidement. Nous pensons que cette voie n’est plus possible, alors que par la guerre on a essayé des dizaines de fois, et on n’a jamais cessé de faire la guerre.

La traduction simultanée de l'hébreu au français est assurée par Michel Zlotowski.

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