C’est plutôt rassurant et plutôt bon signe, à vrai dire : on peut encore éditer des livres de cinéma originaux ! Les éditions Armand Colin le prouvent avec les premiers volumes d’une nouvelle collection cinéphile. Dirigée par Michel Marie, elle n’a manifestement pas de titre, mais se présente sous un format original, presque l’équivalent d’un cinémascope éditorial qui fait la part belle aux photos sans pour autant la prt importante réservée aux textes.. Mais de quoi s’agit-il donc ? De traitements thématiques et transversaux qui donnent envie de voir ou de revoir des films. Ce qui, soit dit en passant, devrait être l’objet de tout livre de cinéma digne de ce nom ! Passons sur un volume bizarrement et surtout platement consacré au péplum et arrêtons-nous sur les trois autres ouvrages : « Les monstres au cinéma » de Eric Dufour, « Les hommes objets au cinéma » de Laurent Jullier et Jean-Marc Leveratto et « Les grands pervers » de Michel Marie. Qui dit mieux dans le genre alléchant ?! Plutôt que le péplum, il aurait fallu traiter des « Gladiateurs au cinéma » pour rester dans l’esprit de ladite collection, ce qui, on en conviendra, n’est pas tout à fait pareil… Alors, on se promène avec délectation au pays, par exemple, des grands pervers du cinéma. Pervers masculins, perverses féminines, couples sadomasochistes, institutions perverses et pervers historiques, tels sont les grands axes du volume écrit par Michel Marie. De « L’homme qui aimait les femmes » à la Merteuil jouée par Glenn Close, jusqu’à « L’Empire des sens » et « Salo », les films-repères de cette thématique pertinente jalonnent une analyse décomplexée. L’approche n’est jamais pédante mais joue clairement la carte de la pédagogie joyeuse. On nous promet « Les femmes d’action au cinéma » et « L’Amour fou au cinéma ». De quoi saliver d’avance ! Ce qui fait le succès de l’entreprise, c’est sa façon de traiter modestement de vrais sujets, des pans entiers de l’histoire du cinéma. A moins de vingt euros le volume, cette collection revendique sa qualité de cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année. Poser sous le sapin « Les Hommes objets » avec Brando en couverture , qui dit mieux pour fêter l’arrivée de 2010 ?!Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Savoir n’est rien, imaginer est tout. Rien n’existe que ce qu’on imagine. »Anatole France, Le Crime de Sylvestre Bonnard »

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