Taiyé Selasi
Taiyé Selasi © Corbis

Encouragée par la Prix Nobel de Littérature Toni Morrison, une jeune romancière tente sa chance avec "Le ravissement des innocents". Elle se dit afropolitaine : d'origine africaine vivant à Londres, Boston ou Rome.

On la croirait échappée d’un défilé Yves Saint-Laurent. Ce n’est pas faire injure à son talent d’écrivain que de mentionner la beauté époustouflante deTaiyé Selasi . Elle s’amuse de la remarque. "En Angleterre, mon éditeur a préféré envoyer les épreuves de mon livre sans ma photo, pour ne pas nuire au roman."

Le ravissement des innocents (Gallimard) est le premier livre de Taiyé Sélassi, une jeune auteure de 34 ans déjà traduite dans quinze pays.

Née à Londres d’un père nigérian et d’une mère ghanéenne, elle a fait ses études à Boston et vit désormais à Rome. D’où le qualificatif d’Afropolitaine, un condensé de d’Africaine et de cosmopolite, qu’elle a forgé elle-même.

Le roman des Afropolitains

Les personnages de son livre sont eux aussi à leur manière des Afropolitains . Le Ravissement des innocents met en scène une famille ghanéenne installée aux Etats-Unis. Le père, brillant médecin, est injustement licencié à la suite de la mort d’une patiente. Pendant une année entière, il feint d’aller travailler avant de s’enfuir au Ghana, loin des siens, sans un mot d’explication. Tout plutôt que d’avouer à sa femme et ses enfants l’humiliation subie dans son riche hôpital de la côte Est.

Taiyé Selasi réfute l’appellation de « roman africain ».

En littérature, on n’écrit pas sur des catégories sociales ou politiques. Nous devons considérer les personnages dans leur dimension humaine. Ce n’est pas un roman africain. C’est un livre sur les rapports entre les hommes et les femmes, les parents et les enfants, les frères et les sœurs, les amants. C’est un livre sur l’amour et la peur, les deux sentiments moteurs de l’humanité.

Taiyé Selas i sait de quoi elle parle. Longtemps la peur d’écrire l’a emporté chez elle sur l’amour de l’écriture. C’est à Toni Morrison, prix Nobel de littérature, qu’elle doit de s’être libérée de ce blocage.

Un soir à Oxford, comme je lui parlais de mon désir d’écrire, le professeur Morrison m’a fixé une date limite. Au bout de quelque temps, je lui ai remis cent pages. C’était la première partie de ce roman

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