Nicolas de Crécy publie chez Casterman une bande dessinée d’abord parue en feuilleton au Japon dans un magazine de mangas. Une première pour un auteur français.

La république du catch
La république du catch © Casterman / Nicolas de Crécy
Alors que des milliers de mangas japonais se vendent en France, le dessinateur français Nicolas de Crécy a publié par épisodes son histoire dans **une revue japonaise, "Ultra Jump", au rythme de 25 pages par mois.** Mario a pour seul ami un manchot joueur de piano. Issu d’une famille mafieuse, avec à sa tête un monstrueux bébé tueur qui cherche à le tuer, le héros cherche une femme à la peau douce. Bérénice, pourrait faire l’affaire, mais elle lui préfère les**hommes puissants de la République du catch.** Mais alors que Mario tente de la charmer avec la musique de son ami pianiste, elle se jette sur le manchot pour lui faire une prise de catch ! Pour cette BD, Nicolas de Crécy a œuvré seul, depuis la France, alors que les mangakas japonais travaillent avec plusieurs assistants. Si l’auteur **à l’imaginaire débridé** a préservé son style dans le dessin, la publication en feuilletons, et les contraintes de lecture par le public habituel des mangas**ont accéléré le rythme narratif.** Le tout donne une passionnante et intrigante histoire de gangs.
La république du catch page 37
La république du catch page 37 © Casterman / Nicolas de Crécy
_La République du catch_ de Nicolas de Crécy est paru chez Casterman ### Rencontre avec Nicolas de Crécy aux Rencontres du 9e art à Aix en Provence : > Les Japonais se sont ouverts à la BD européenne depuis 5, 6 ans (...) Elles sont classées au rayon beaux-livres -"Je ne sais pas pourquoi mon travail leur a plu, mais des mangakas ont influencé le rédacteur en chef d’_Ultra jump_ qui m’a demandé de publier. C’est assez exceptionnel. J’avais fait une pause mais le nouveau contexte éditorial a été l’occasion de me replonger dans la BD. " Écoutez Nicolas de Crécy :
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Son Nicolas de Crécy

> J’ai fait attention à réaliser une mise en scène très fluide - "Après 3 ans passé à faire du dessin et de la peinture, j’avais envie de retrouver la mise en scène et le côté narratif de la BD. Mais la difficulté a été de m’adapter à un lectorat japonais. Je connais un peu le Japon, mais les attentes des lecteurs japonais de mangas sont difficiles à cerner. Je ne suis pas un lecteur assidu de ce style de BD, je ne connais pas bien ses codes. Je suis donc resté dans mon style propre. Mais j’ai essayé de faire attention à réaliser une mise en scène très fluide. Ce que j’ai fait ressemble plus à un _storyboard_ de cinéma d’animation qu’à une BD européenne plus littéraire."
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Son Nicolas de Crécy 2

> J'ai eu envie de parler de choses que les Japonais peuvent saisir, sans que ce soit spécifique à leur culture - "Pour m'adapter au lectorat, j'ai eu envie de parler de choses que les Japonais peuvent saisir, sans que ce soit spécifique à leur culture. Il y a, par exemple, dans mon histoire des fantômes de catcheurs. Et au Japon, il a les yokai, des divinités monstrueuses. Miyazaki s'en est souvent inspiré pour ses histoires. Je voulais faire cette allusion, cette suggestion...Le catch est connu et apprécié au Japon. Mais, il peut se rapprocher du sumo : il y a aussi un cérémonial, et un côté théâtral dans ces deux disciplines. J'ai aussi évoqué des mafieux appelés Yakuzas en japonais.."
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Son Nicolas de Crécy 5

> Je ne parle pas japonais, je n'ai pas pu avoir de retour sur mon travail dans les réseaux sociaux - "J'ai fourni 25 pages par mois à la revue. J'avais déjà fait cette expérience de publication en feuilleton il y a 20 ans pour _Léon La Came_ paru dans _A suivre_ ... J'ai donc été habitué à dessiner rapidement, et à avoir des retours à chaque publication. Mais là, je n'ai pas pu lire ce qu'il se disait sur les réseaux sociaux, je ne parle pas japonais, malheureusement."
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Son Nicolas de Crécy 4

La république du catch page 20
La république du catch page 20 © Casterman / Nicolas de Crécy
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