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BD © corbis

L’auteur de BD est un animal mystérieux, difficile à cerner. On l’imagine le cheveu en bataille, le nez sur sa table à dessin avec de la musique en fond sonore, traduisant le monde extérieur de cases en cases à la pointe de son crayon, ou imaginant des mondes parallèles et bon enfant. Et puis la BD se porte bien, il y en a partout et elle se vend presque sans promotion. Ces derniers temps, les médias en ont beaucoup parlé. Il faut dire que le festival d’Angoulême avait tapé fort en oubliant les femmes de sa liste pour le Grand Prix. L’univers de la BD se retrouvait accusé de machisme alors que bon nombre d’auteurs médiatisés sont des femmes.

Les États généraux de la BD ont mené une enquête sans précédent auprès des auteurs. Mille cinq cents des ces sympathiques énergumènes ont répondu. Résultat : une base de données qui permet de dresser un portrait robot de l’auteur de BD, confirmant ou infirmant certaines idées reçues.

Oui, l’auteur de BD est un homme, aucun doute là-dessus. Pendant des années, le milieu a été dominé par le masculin et il en reste encore une trace aujourd’hui. Le constat fait à Angoulême sur la non-présence des femmes n’est donc pas sorti de l’imagination de quelques féministes acharnées et paranoïaques. Heureusement, la tendance change: notre auteur de BD perd un peu de sa pomme d’adam et se féminise. Bref, il a les seins qui poussent et ça lui réussit.

Auteur de BD, c’est un métier de jeunes . Oubliez l’image du vieux barbu à lunettes, sorte de Gepetto donnant vie à ses traits de crayons HB. Le dessinateur a moins de 40 ans, il dessine sur tablette et a fait des études supérieures (des Arts appliqués, comme les rock stars anglaises époque David Bowie). Et il ne chôme pas: pour fournir des planches, il bosse tout le temps même les week- ends.

Et comme beaucoup de vingtenaires et trentenaires ayant choisi un métier de la culture en France, l’auteur de BD galère . Il n’a quasiment pas de protection sociale, il gagne moins que le smic et, comme beaucoup d'artistes, n’a, logiquement, aucune projection dans l’avenir. Il a donc un job à côté, histoire d’être certain de payer son loyer à la fin du mois. Heureusement que le bougre s’entend bien avec son éditeur, qui lui, vit dans un marché florissant.

À l’inverse et en suivant la logique de cette étude, on peut imaginer le portrait robot del’outsider de la BD : une femme de moins de 40 ans, qui fait des bulles en amateur parallèlement à son métier de prof et qui, un jour peut-être, signera la BD de l'année à Angoulême.

►►► La Bd se porte bien

►►► Hermann Grand prix d'Angoulême 2016

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