En cette période d'élections, voici un roman qui fera réfléchir sur la démocratie et la laïcité en France : Nous aurons de l'or (Seuil) de Jean-Eric Boulin jette un pavé dans la mare et annonce une femme, musulmane, présidente de la République.

Nous aurons de l'or
Nous aurons de l'or © seuil

Jean-Eric Boulin vit aux Etats-Unis depuis 2008. Témoin de la joie collective qui s’est emparée du peuple américain après l’élection de Barak Obama, il s'est laissé aller à rêver la même euphorie pour son pays natal, la France.

Il imagine donc dansNous aurons de l'or , qu'en 2030, une femme issue de la communauté musulmane serait élue Présidente de la République. Le personnage principal est un sportif de renom, boxeur, exilé aux Etats-Unis, après avoir exprimé son dépit pour son pays publiquement. Il revient non pour le grand soir, mais pour le grand jour .

De la révolution à la réconciliation

Ces derniers temps la littérature a été tentée par l'esprit révolutionnaire (L'esprit de l'ivresse ) ou a imaginé que la France issue de l'immigration prenne sa revanche démocratique (Les sauvages ). Dans cette veine, et avec la voix de l'apaisement et de la réconciliation, Jean-Eric Boulin s'offre le scénario de ce qui devrait être normal, logique, statistiquement évident : l'élection d'une femme, déjà engagée dans la vie sociale et issue de la diversité. Pour l'instant nous avons vu, dans la réalité, quelques élues ou ministres issues de la diversité en France. L'étape suivante, et comment pourrait-elle ne pas être franchie, sera celle de l'Elysée.

Jean-Eric Boulin était déjà l'auteur de Supplément au roman national , roman dans lequel ,lui qui fut recalé deux fois à l'entrée de l'ENA, exprimait sa colère contre le système élitiste français (il prenait l'exemple de François Hollande), la compoction de la classe élue (politique ou non) et l'absence de sens de la littérature. Sa révolution, fantasme adolescent, il l'a faite avec ce premier roman, pour aboutir à l'hypothèse d'une réconciliation générale, et l'accession par la France d'en-bas au sommet de l'Etat.

Jean-Eric Boulin (interrogé par Christine Siméone)

Extrait du discours de la présidente Rachida Mezziane le jour de son investiture dans Nous aurons de l'or :

La France ne nous aimait pas comme si nous n'étions pas sa chair ... Mais nous sommes la France, mes amis, notre exil est terminé, nous revenons dans la famille...Nous allons construire un pays... qui ne blesse personne.. Cette haine, cette cascade de mépris, ce n'était pas nous...

Jean-Eric Boulin vit aux Etats-Unis depuis plusieurs années, journaliste , il signe ici son deuxième romans. Il livre ses secrets d'écrivain : "ce livre fut un chemin de croix, j'écris dans la difficulté "

Deux invitations à Jean-Eric Boulin

tatah détail 2
tatah détail 2 © Photo Adam Rzepka © Djamel Tatah, Adagp Paris 2013

Découvrir le travail de Djamel Tatah, peintre français d'origine algérienne.

"Visages" - Centre de la Vieille Charité, Marseille20 février - 22 juin 2014 "Djamel Tatah, Oeuvre(s) sur papier"

Atelier Michael Woolworth, Paris

8 mars - 3 mai 2014

Découvrir, puisque Jean-Eric Boulin est natif de Marseille, la maison d'éditionLeFioupélan, conseillé par Sylvain Alzial, de la Bibliothèque de Radio France :

Marsegues fioulepan
Marsegues fioulepan © Le Fioulepan

© Le Fioupelan - 2014 Petit crabe provençal vivant près du littoral méditerranéen, le fioupelan est devenu depuis quelques années, l’emblème d’une jeune maison d‘édition marseillaise, désireuse de faire connaître au monde entier l’Overlittérature : «une littérature crue, iconoclaste, qui se caractérise par son réalisme burlesque, son mauvais goût assumé, son irrespect total, sa marseillitude joyeuse loin de tout régionalisme et le recours méthodique aux armes de la dérision et de la satire ».

Pour souffler sur les braises de ce nouveau manifeste littéraire, aux accents dadaïstes , on trouve un certain nombre d’écrivains originaires de Marseille, des "mangiapans", des "chapacans" ou des "paguedéguns" tels que Gilles Ascaride ou Henri-Frédéric Blanc.

Afin de mieux saisir les spécificités de l’overlittérature et savourer les infimes variations de la langue marseillaise, eh beh… les lecteurs pourront apprécier les deux derniers livres pêchés par les éditions du Fioupélan : Cagole Blues , signé par Henri-Frédéric Blanc, consacré à la « Cagole », figure mythique de la culture marseillaise, ainsi que La conquête de Marsègue livre parfumé à l’ « aïoli toxique » proposé par Gilles Ascaride, offrant un tableau politique décapant et trépidant d’une grande métropole du sud, une ville dont le maire, élu à vie, doit faire face à une insurrection populaire menée par l’ultranationaliste Zobi Ravioli…(Sylvain Alzial )

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