Eric Reinhardt
Eric Reinhardt © Editions Gallimard et Catherine Hélie

C'est le roman phare de cette rentrée : L'amour et les forêts (Gallimard) sonne comme un hommage aux femmes harcelées ou humiliées par leurs maris. Eric Reinhardt se glisse dans l'intimité d'une femme pour tenter de la sauver.

Désormais le prince charmant pourrait s’appeler Playmobil677, et dansL’Amour et les forêts d’Eric Reinhardt , une Emma Bovary du XXIe siècle s’éprend de lui après une rencontre sur Meetic.

Il habite en lisière de bois, comme le garde-chasse de Lady Chatterley, et cet appel brûlant qui vient rompre la monotonie d’une vie de couple est un retour à la nature humaine. Bénédicte Ombredanne, (l’âme damnée de Reinhardt ?), entre en enfer face à son mari jaloux, et “harceleur certifié” comme il le reconnaît lui-même au tout début de l’histoire.

Tout ce qu’elle a vécu de beau avec son amant, il va l’obliger à le salir et le profaner, en la contraignant à décrire la moindre parcelle de chair et d’amour échangés.

Ça allait durer deux mois sur ce mode-là, deux autres mois aussi atroces que les deux précédents mais d’une puissance offensive plus redoutable encore car Bénédicte Ombredanne s’était démunie de la seule défense efficace dont elle disposait, celle du secret. Une fois celui-ci tombé, son mari s’était comme introduit à l’intérieur de sa personne et il saccageait tout, il se fondait pour ce faire sur l'argument qu’elle l’avait effectivement trompé et qu’il était en droit d’obtenir d’elle des détails, et toute la vérité, dans ses recoins les plus intimes, sur cette inconcevable après-midi, comme il la qualifiait toujours. En théorie, le contrat conjugal signé en mairie obligeait Bénédicte Ombredanne à la loyauté la plus entière à l’égard de son époux, à un devoir de transparence; Il entendait faire respecter ses droits.

Eric Reinhardt a composé cette spirale infernale à partir du témoignage d’une femme en particulier et de lettres de lectrices, sensible au sort de ces épouses soumises à leurs maris, otages des conventions sociales et pourtant harcelées ou humiliées dans leur couple.

Il rend avec une infinie justesse les sentiments féminins et on lui en voudrait presque d’être aussi pertinent en décrivant la déchéance que son personnage harceleur leur fait endurer.

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