L'Été diabolik
L'Été diabolik © Dargaud / A Clerisse - T Smolderen

Après Souvenirs de l’Empire de l’Atome , Smolderen et Clérisse délaissent la science-fiction rétro-futuriste pour livrer un polar délicieusement rétro. Sur fond d’espionnage, L’Été Diabolik nous conte l’histoire d’Antoine, qui est le témoin de nombreux événements étranges sans en comprendre le sens. 20 ans plus tard, il va faire des découvertes qui vont lui ouvrir les yeux…

1967, pendant les vacances d’été. Antoine, un jeune homme de 15 ans remporte un tournoi de tennis en venant à bout de son adversaire, Erik. Si sur le terrain les deux joueurs ont une attitude exemplaire, il n’en est pas de même dans les gradins. Outré par le résultat final, le père d’Erik sort de ses gonds et s’en prend à Louis, le père d’Antoine. Un incident apparemment anodin qui va pourtant être le point de départ de nombreux autres événements étranges. D'abord une discussion entre Louis et monsieur De Noé, qui fait état d’un certain Popov, un espion qui aurait refait surface. Puis, le même soir, en rentrant chez eux, Louis et Antoine se retrouvent pris en chasse et apprennent le lendemain que leur poursuivant a trouvé la mort lors de la course poursuite. Des événements intenses qui vont en amener d’autres, et que le jeune Antoine a du mal à expliquer… D’autant que ces vacances sont aussi synonymes pour lui de rencontres, de premier amour et de premier trip sous LSD…

20 ans plus tard, Antoine a écrit un roman retraçant ces événements qu’il ne s’explique toujours pas. Mais un contact va lui donner quelques indices qui vont le mener sur le chemin de la vérité.

Savamment construit, le récit use de tous les bons ingrédients du thriller pour susciter la curiosité du lecteur en lui donnant envie de connaître le fin mot de l’histoire. Si la plupart des révélations sont surprenantes, on peut toutefois tiquer face à la grande naïveté du personnage principal qui met parfois beaucoup de temps à comprendre certains éléments qui paraissent évidents au lecteur. Mais, dans l’ensemble, on prend un malin plaisir à refaire le cours des événements de la première partie avec en tête les révélations de la deuxième. Finalement, avec son univers très référencé et son intrigue qui joue avec les attentes du lecteur, L’Été Diabolik est un thriller des plus prenants.

Avec ses tracés simples et ses aplats de couleurs vives, Alexandre Clérisse adopte un style qui colle parfaitement à l’ambiance rétro du récit. Son art du cadrage et du découpage est remarquable et s’adapte merveilleusement au récit (mention spéciale pour le trip sous LSD d’Antoine). Bref, pour tout amateur de thriller teinté d’espionnage, L’Été Diabolik est une lecture hautement conseillée.

Feuilletez quelques pages

►►► Retourner à la sélection été 2016 France Inter/Sequencity

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.