« Eté 1983. Je vais essayer de me souvenir, dans le désordre. Demain, je vais apprendre l’anglais, je m’inscris à Berlitz. La vie continue, je dois me dépêcher. J’ai l’impression que ma vie commence. Il n’y a pas longtemps que je pense à la mort. Jusqu’à l’âge de cinquante ans je n’y pensais pas. Je dois mourir, mais comment ? Lentement ? J’ai du sucre dans le sang. Ou bien brutalement ? Il faut mourir et vivre encore. Il faudrait écrire ses mémoires une fois mort. Je vais essayer de me rappeler à quoi je pensais avant, avant de penser à la mort. Je veux vivre encore. »C’est ainsi que commence « Autoportrait », le livre que Claude Berri publia aux éditions Léo Sheer en 2003. Les morts n’ont pas besoin des phrases que nous prononçons à leur sujet. C’est pourquoi, j’ai préféré retourner vers ce bel ouvrage ironique, tendre et lucide où le plus madré de nos producteurs se livrait tout entier ou presque. Et je ne saurais trop vous conseiller de le lire si vous ne le connaissez pas. Au-delà de la mort, c’est l’une des bonnes façons d’être avec Claude Berri.

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