Nungesser
Nungesser © Casterman / Fred Bernard- Aseyn

Une biographie en noir et blanc revisite le mythe de Charles Nungesser, as de l’aviation disparu en mer à bord de L’Oiseau blanc en 1927.

Le héros par excellence ! Quelques jours avant Charles Lindbergh, l’aviateur français, Charles Nungesse r accompagné de François Coli , échoue dans sa traversée de l'Atlantique. Parti de Paris, son avion L'Oiseau blanc se serait écrasé vers Saint-Pierre et Miquelon le 8 mai 1927.

Loin des portraits noir et blanc figés des héros de la guerre 1914-1918, le Nungesser deFred Bernard (au scénario) et Aseyn (au dessin) livre un personnage très vivant. Casse cou, le jeune Charles part à 15 ans en Amérique du Sud pour tenter de rejoindre un parent. Revenu à 22 ans après quelques péripéties, le futur pilote se forme aux techniques de l'aviation.

Très vite, les exploits militaires multiples de cet As aux multiples décorations (Légion d’honneur, médaille militaire, croix de guerre, military cross) pendant la Première guerre mondiale sont connus. Ses graves blessures à répétition ne l’empêchent pas de séduire. Adulte, il a des maîtresses, organise des fêtes, contredit les ordres, et s'amuse à aller au-delà des lignes ennemies uniquement pour le plaisir de provoquer. Joueur, charmeur, excentrique, le personnage a de quoi fasciner.

Un attrait soutenu ici par un dessin un peu rétro en noir et blanc. Les traits fins et fragiles d’Aseyn rappellent ceux des vieux journaux. Racontée par la voix imaginaire de sa maîtresse Emilie, cette biographie romancée et rythmée de Nungesser fait revivre avec brio l’époque révolue des héros avides d’exploits qui jouaient avec la mort.

Charles Nungesser - Fred Bernard et Aseyn - casterman 2015

Fred Bernard : « Je l’ai imaginé vivant et joyeux, faisant tout pour plaire à son père. »

J’ai accepté ce projet, parce que je ne connaissais pas grand-chose à sa vie. Je me suis documenté. Je me doutais qu’il était intéressant, puisque c’était un des rares militaires à avoir eu un problème avec l’autorité. S’il n’avait pas disparu avec L’oiseau blanc , on l’aurait peut-être oublié. Dans mes recherches, j’ai aussi découvert que c’était un gros fêtard.

Je crois qu’il est resté enfant toute sa vie. Il était très solaire . Sur les rares bobines que l’on voit de lui, il dégage quelque chose. Il multiplie les conquêtes.

Je l’ai imaginé vivant et joyeux faisant tout pour plaire à son père surnommé le Tsar . La maîtresse du livre a vraiment existé, mais comme je n’avais pas son nom, je l’ai appelé Emilie. Le mécanicien de Charles Nungesser l’avait surnommée « son deuxième amour après son Newport ». Quand j’ai trouvé l’histoire de cette amante, j’ai eu le déclic. Je me suis dit : « Tiens, j’ai trouvé ma narratrice ! C’est elle qui le connaît le mieux. »

Commentaire de la page 31 par Aseyn :

Nungesser p31
Nungesser p31 © Casterman / Fred Bernard et Aseyn

C’est le tout premier contact de Charles Nungesser avec l’aviation qui démontre déjà son caractère impétueux puisqu’il dérobe l’avion de deux Argentins qui ont le dos tourné. Et sans rien n’y connaître, il s’envole. J’ai dessiné un vieil avion en bois et en papier pour lequel, j’ai eu du mal à trouvé de la documentation.

Je préfère dessiner les machines, plus que les personnages au départ. C’est pour ça que j’ai choisi des angles « mécaniques ». Pour le style en noir et blanc, c’est une idée de notre éditeur Didier Borg qui voyait du noir et blanc très contrasté, à l’ancienne.J’ai fait des essais en affinant le trait au fur et à mesure. J’ai tout dessiné à la tablette graphique, mais comme je viens du dessin « traditionnel » (à la main), le rendu fait très encre de Chine. J’ai complété avec des tâches d’encre pour la poussière et la végétation. C’est bien d’avoir une contrainte pour bien cerner son propos.

Pour le découpage, je voulais des angles très serrés avec des cases particulières pour reprendre la mise en page des journaux de l’époque. En particulier, j’ai regardé le New York Times des années 1910. A l’époque, les maquettes étaient assez folles avec des cases arrondies par exemple. Là, le papier est un peu blanc cassé. On m’a parlé de photocopies, et ça me va bien.

Feuilleter quelques pages :

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