Delerm philippe
Delerm philippe © corbis

Avec Les eaux troubles du mojito , Philippe Delerm retrouve sa mélancolie jubilatoire. Aux éditions du Seuil, il livre une série de textes courts, oscillant entre mythologies à la manière de Roland Barthes et petits instantanés doux et souriants.

Une soirée d'été, le fait de serrer sa compagne dans ses bras, le sourire d'un inconnu, mais aussi l'éternel espoir que la pastèque peut susciter sans jamais l'assouvir, voilà ce qui fait la matière de l'écrivain dans ce recueil.

En observant les ambiances de grève, nos références à Tintin ou Astérix, il capture quelques moments typiques en France. En nous racontant ses promenades, soirées tranquilles, et échanges en famille il nous livre le secret du bonheur à sa manière.

A la question, qu'est ce que le bonheur ? , il répond toujours et encore ceci : c'est d'avoir quelqu'un à perdre. Avec ses airs de ne rien dire ou pas grand chose, il touche au coeur, car il a le sens de l'image et du cadrage sur les situations qu'il observe.

Du sexe oui, du selfie non

Mais ne nous laissons pas endormir par ces considérations qui pourraient sonner comme des berceuses, car, nous dit le facétieux Philippe Delerm, il y a du sexe dans ce livre, comme dans les autres.

Les eaux troubles du mojito, c’est sexuel. Certains savent repérer qu’il y a de la sexualité dans mes textes, un peu partout. Le mojito, c’est rafraichissant avec ces feuilles de menthe, mais il y a aussi un côté marigot, c’est la jungle, il faut descendre dans ses eaux troubles, se laisser faire, pour arriver au plaisir. c’est clairement métaphorique de la sexualité

L'auteur deLa Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules , La Sieste assassinée , Sundborn ou les jours de lumière , relit facilement Proust et Jules Renard. Certain que ces deux-là peuvent changer une vie et forger ce qu'il appelle volontiers un "regard à soi", qui n'est en rien le goût du selfie.

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