Au cours des prochains mois, les libraires partenaires de la Librairie Francophone racontent leurs aventures, leurs expériences, parlent de leur métier. Une série d’entretiens qui sera à retrouver chaque semaine, la veille de l’émission, en partenariat avec le siteActualitté . Pour ce premier épisode, nous partons à la rencontre de Nathalie Romanens .

Des livres et moi, Nathalie Romanens
Des livres et moi, Nathalie Romanens © Claude Dussez

« Le métier de libraire, en Suisse, est semblable à celui de tous mes collègues francophones : il est fait d’animations, de vitrines vivantes » , explique Nathalie Romanens. À Martigny, elle anime Des Livres et Moi . « Nous invitons des auteurs et nous ouvrons à d’autres choses, comme le théâtre ou la musique. L’originalité est ce qui doit nous distinguer : libraire indépendant, cela implique de se renouveler en permanence. C’est crucial. »

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Les lecteurs jouent le jeu de la proximité, parce qu’il y a prise de conscience plus globale. Tout acheter sur internet aura pour conséquence que demain, les commerces de la ville disparaîtront.

Cela passe ainsi par le choix des livres et les thématiques mises en avant, ainsi que la durée de vie dans l’établissement.« Nous pouvons les garder plus longtemps qu’un établissement plus commercial. Six mois, une année : nos clients ont ainsi la possibilité de faire pas mal de découvertes. »

Dans la région de Martigny, la libraire s’estime encore assez protégée de la vente en ligne. « Les lecteurs jouent le jeu de la proximité, parce qu’il y a prise de conscience plus globale. Tout acheter sur internet aura pour conséquence que demain, les commerces de la ville disparaîtront. » Mais la menace existe. « Nous avons la chance que les lecteurs cherchent sur internet et viennent commander chez nous, ce qui est assez original [rires]. »

La situation suisse est pourtant particulière : en janvier 2015, les rapports de taux de change entre franc suisse et euro auraient pu avoir des conséquences terribles. « Nos fournisseurs ont réagi très vite, pour prendre en charge de baisser les prix de vente. Pour les clients, c’était une satisfaction, parce que le tarif des livres diminuait, mais les ventes n’ont pas non plus augmenté, ce qui a provoqué une baisse du chiffre d’affaires. »

Cette comparaison entre les deux monnaies reste problématique, « même si nous expliquons le problème à nos clients. Tant que nous pourrons bénéficier de délais de livraison efficace, et maintenir notre qualité de service, nous serons préservés. Mais nous sommes tributaires de ces délais » .

La fidélité des lecteurs, Nathalie Romanens a travaillé dur pour la construire. « Nous les connaissons, et pouvons les conseiller au mieux. Le plus beau compliment que l’on puisse me faire, c’est en revenant me voir, pour me dire que le livre recommandé a été adoré. Ce qui rend plus difficile de rebondir pour un autre ouvrage [rire]. C’est encore plus touchant quand ce compliment vient d’un enfant, le plaisir est immense et le challenge tout autant. »

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Flora et Max
Flora et Max © L'école des loisirs

Un conseil de lecture alors ? « Je vais lire la Folle rencontre de Flora et Max, de Martin Page et Coline Pierré (Ed L’école des loisirs). Ce n’est pas pour le travail ni pour l’émission, c’est pour mon plaisir. C’est une histoire de correspondance, un livre pour ado, certainement, mais cela me passionne déjà. »

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Entretien réalisé en partenariat avec ActuaLitté

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La Librairie Francophone reçoit des auteurs et accueille, en duplex, des libraires des 4 pays pour évoquer leurs coups de coeur et les livres qui font l’actualité dans leurs pays respectifs. Tout les samedis de 15 à 16h.

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