Quand pourra t-on acheter un roman couronné d'un prix littéraire, en étant persuadé de l'enthousiasme et de l'intégrité du choix des jurés? Cette année, plus que jamais, rien ne prouve que c'est la qualité de la production romanesque que les jurés ont récompensée. Le Renaudot sort de son chapeau, à la dernière minute, le livre de Pennac, "Chagrin d'école", qui rassemble de belles pages intimes sur la douleur d'être un cancre, mais qui n'est pas un roman, plutôt un récit. Christophe Donner, gagnant annoncé est éjecté. Le Clézio et Giesbert ont préféré la chronique d'un succès annoncé : Pennac, aussi talentueux soit-il, vendra beaucoup! Ainsi le Renaudot fera-t-il la nique au Goncourt, Gilles Leroy n'ayant pas la notoriété du créateur de la famille Malaussène, il vendra moins. On conçoit de plus en plus les prix littéraires comme des produits. Le Goncourt, le Renaudot et les autres sont des marques qui, plus que jamais, rapportent plus ou moins et doivent faire du chiffre, du chiffre. C'est l'époque. Que dire du Prix Décembre, censé représenter la vertu, avec son jury tournant, à l'anglaise? Sollers, juré émérite a imposé son choix : le Cercle, livre qu'il a édité lui même chez Gallimard et qu'il annonçait dans les colonnes du JDD en septembre comme le meilleur roman de la rentrée!! Bref, les années se suivent et se ressemblent. Il y a définitivement quelque chose de pourri au royaume des Prix.Jugez-vous même, en écoutant le débat qui a opposé dans esprit critique du 14 novembre, Christophe Donner à Franz-Olivier Giesbert.

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