L’Argentine est le pays invité d’honneur du Salon du livre 2014.

Statuette de Mafalda au Salon du livre devant le stand de Glénat
Statuette de Mafalda au Salon du livre devant le stand de Glénat © France Inter / Anne Douhaire

Et Quino, l’auteur argentin de la BD Mafalda est l’un de ses hôtes. Son personnage a 50 ans.

En 2014, la préoccupation de Mafalda serait la bêtise humaine

Quino au Salon du livre de Paris
Quino au Salon du livre de Paris © France Inter / Anne Douhaire

Lors d'une conférence, Quino, le père de Mafalda est revenu sur la création de son personnage dont il ne s'explique toujours pas le succès. Il a cessé d'écrire des BD avec sa jeune héroïne, parce qu'en Argentine le sang avait commencé à couler. Un regret ? Il aurait aimé être Picasso ! Karine Leclerc, l'éditrice française de Quino chez Glénat résume les propos tenus par le dessinateur argentin : > Mafalda est l'une des premières indignées

Qui êtes-vous Mafalda ?

"Je suis une petite fille, brune à la bouche très expressive née par hasard en 1963. Quino, mon dessinateur, travaillait dans la communication. Un jour, une société d'électroménager, lui commande pour une campagne de pub une petite fille qui soit le mélange deBlondie (comic strip américain des années 30 d’Alex Raymond et Chic Young) et Peanuts (Le comics strip de du dessinateur américain Charles M. Schulz avec comme héros principal Charlie Brown, et son chien Snoopy), et dont le nom commence par M.

Mafalda devant la télé
Mafalda devant la télé © Radio France / Quino

La publicité ne se fera pas, mais mes strips sont publiés dès septembre 1964 dans Leoplan puis dans la revue hebdomadaire Primero Plan. Avant d’être hébergés dans El Mundo à partir de 1965. Puis dans le journal Siete Dias. Ils ont connu un succès immédiat. Umberto Eco me présente comme le pendant sud-américain de Charlie Brown. Ce n’est pas faux. En plus engagée peut-être.

L'appel à la paix
L'appel à la paix © AD/France Inter

Mes parents sont desreprésentants de la classe moyenne argentine des années 60/70. Dépassés par mes questions fréquentes et parfois perfides, ils s’en sortent comme ils peuvent. Il faut dire que malgré ma candeur, je remets en question le système. Quino a réalisé que grâce à moi, il n’avait plus besoin de dire de faire la promo des aspirateurs, comme dans son ancien métier, la pub. Ce fut comme s’il prenait une revanche, et il fit de moi une gamine contestataire . N’ayant pas d’enfant lui-même, il s’inspire surtout de sa propre jeunesse.

L'exposition Mafalda, une petite fille de 50 ans
L'exposition Mafalda, une petite fille de 50 ans © AD/France Inter

J’ai des domaines de prédilection : la politique et la planète (la surpopulation, les tensions entre Israéliens et Palestiniens, la guerre au Vietnam…). Un jour j’interpelle les Américains : « Ce n’est pas bientôt fini ce boucan, vous allez laisser l’humanité dormir en paix, non ? ». Il y a aussi la télévision que je n’ai pas au début et qui est source de discussions avec mes amis, dont Manolito qui représente le capitalisme. Après 12 albums, en juin 1973, Quino cesse de me dessiner. Il me trouvait trop prenante. Toutes ses journées étaient consacrées à la recherche d’une idée et à son illustration. Jamais il n’a imaginé que 40 ans après on parlerait encore de moi." POUR ALLER + LOIN :

L'intégrale Mafalda
L'intégrale Mafalda © Glénat

En janvier le Festival International de la BD d'Angoulême présentait l’exposition Mafalda

Les images de l'exposition

Le site de Quino

Mafalda 50 ans l’intégrale est parue chez Glénat.

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