Plusieurs maisons d'éditions comme Grasset ou Fayard sont absentes du Salon du Livre qui s'ouvre aujourd'hui à Paris, porte de Versailles. Elles estiment que le Salon est trop cher et pas assez rentable. On ne trouvera au Salon opas non plus les auteurs de Lattès, Stock, ou Calmann-Lévy . Les cinq maisons de littérature générale du groupe Hachette ont décidé de ne pas venir.

Trop cher, trop de monde, public insuffisamment ciblé, explique Florence Sultan , directeur général deCalmann-Lévy « La formule proposée par le Salon du Livre de Paris aujourd’hui est une formule qui a vécu. Peut-être que le salon est un peu trop généraliste. On s’y perd et on ne s’y retrouve pas forcément . » Florence Sultan souligne que le coût du Salon ne se résume pas au loyer des stands. Les équipes des maisons d’édition passent beaucoup de temps à le préparer. Elle a le sentiment que ce temps et ces personnels pourraient être mieux rentabilisés. D’autant que sur les 3000 auteurs en signature, seules les vedettes tirent leur épingle du jeu.Les auteurs moins connus restent trop souvent isolés derrière leurs piles de livres , ne suscitant qu’un médiocre intérêt de la part des visiteurs. Ici et là, l’idée d’organiser à nouveau le salon au Grand Palais refait surface. L’espace est jugé plus propice à des rencontres choisies que l’immense Palais des Expositions de la Porte de Versailles.

Pour d’autres éditeurs, cependant, le Salon du Livre de Paris est un rendez-vous à ne pas manquer.Anne-Marie Métailié , patronne des éditions Métailié , y retrouve chaque année des lecteurs qui lui donnent des nouvelles des livres achetés l’année précédente. Cette année, ce sera son 32ème Salon du Livre. « Je n’y ai jamais gagné d’argent, confie-t-elle, mais c’est un moment privilégié de rencontre avec les lecteurs. Hachette me fait rire quand il propose de retourner au Grand Palais. Le Grand Palais, c’est 12000 mètres carrés. La porte de Versailles, 40 000. On ferait un Salon du Livre entre soi, entre gens chics ? », raille-t-elle.

C’est en effet l’un des enjeux de ce Salon : faire venir un public familial et populaire, qui ne s’aventurerait pas dans un Salon plus ciblé. Une idée à laquelle le président du Centre national du Livre, Vincent Monadé , est très attaché.

« Si certains veulent organiser le Salon du Livre au Grand Palais, le CNL pourrait revoir sa présence à la baisse », prévient celui qui rêve d'organiser un Salon pour les non-lecteurs.

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