Comme chaque année, le Journal du Dimanche et France Inter vous propose une sélection de 12 titres de la rentrée.

5 livres français

Les lisières
Les lisières © Radio France

Les lisières, Olivier Adam (Flammarion)

Paul Steiner, écrivain et scénariste en pleine crise de la quarantaine, doit mettre de côté sa vie personnelle et professionnelle pendant quelque semaines pour s’occuper de ses parents malades. Il quitte Paris pour sa périphérie. Un retour dans la banlieue qui l’a vu grandir et qui, au gré des démarches et des rencontres, lui fait soudainement prendre conscience des changements et des limites du monde qui l’entoure, ce dont il n’avait su s'apercevoir à mesure que sa vie avançait et s’accélérait.A travers le regard de son personnage à un moment charnière de son existence, Olivier Adam dresse le portrait détaillé d’une France et d’une époque semblant atteindre ses limites culturelles et sociales, en tout cas parfaitement incapable de les franchir et de les dépasser.

Pascale Clark lit un extrait du livre "Les Lisières" d'Olivier Adam

2 min

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Le sermon sur la chute de Rome
Le sermon sur la chute de Rome © Radio France

Le sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari, (Actes Sud)

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.

Stéphanie Duncan lit un extrait du livre "Le sermon sur la chute de Rome" de Jérôme Ferrari

2 min

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La première défaite
La première défaite © Radio France

La première défaite, Santiago H. Amigorena (POL)

Le premier amour, paraît-il, n’est jamais que le prélude de la première défaite. On aime, puis on souffre. On essaie de se souvenir pour ne pas vivre, puis on essaie d’oublier – pour ne pas mourir. Mais il n’y a rien de tel qu’essayer d’oublier pour se souvenir, et rien de mieux qu’essayer de se souvenir pour réellement oublier.Ces quelques pages racontent l’histoire d’un jeune homme qui comprend, lentement, qu’après avoir aimé une première fois, après avoir une première fois souffert de n’être plus aimé, pour être heureux, il doit réussir à savourer la douleur et le bonheur en même temps, à chaque pas.Son chemin est long, plein de détours. Comment en serait-il autrement ? si l’on sait de quoi les premiers amours sont le prélude, on ignore toujours de quoi les premières défaites, à leur tour, peuvent être le commencement.

Philippe Collin lit un extrait de "La première défaite" de Santiago H. Amigorena

2 min

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Théorie de l’information
Théorie de l’information © Radio France

Théorie de l’information, Aurélien Bellanger, (Gallimard)

La Théorie de l’information est une épopée économique française. De l’invention du Minitel à l’arrivée des terminaux mobiles, de l’apparition d’Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l’irruption d’acteurs nouveaux, souvent incontrôlables.La Théorie de l’information est l’histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d’entre eux. Adolescent solitaire épris d’informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l’un des hommes les plus riches du monde.La Théorie de l’information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l’histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l’information. Pascal Ertanger s’en voudra le prophète exclusif.La Théorie de l’information évoque enfin le destin d’une planète devenue un jouet entre les mains d’un milliardaire fou.

Philippe Collin lit un extrait de "La théorie de l'information" de Aurélien Bellanger

2 min

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Peste et choléra
Peste et choléra © Radio France

Peste et choléra, Patrick Deville, (Seuil)

Le docteur Alexandre Yersin (1863-1943) ne pouvait que fasciner Patrick Deville tant le goût pour les voyages, l’exploration et la découverte sont au cœur de son travail d’écrivain. La vie de celui que les vietnamiens appellent affectueusement « le vainqueur de la peste » a été une aventure intellectuelle et humaine d’une rare richesse. En s’installant en Indochine, ce disciple de Louis Pasteur a en effet multiplié découvertes et avancées majeures dans de nombreux domaines scientifiques. Mais cet éloignement de la France a également favorisé, dès la fin de la seconde guerre mondiale, son effacement des mémoires et des grandes commémorations. Un oubli que répare aujourd’hui Patrick Deville, pour qui l’écriture permet de voyager dans les destinées, d’explorer la mémoire collective et, en filigrane, de mieux redécouvrir notre présent.

Vincent Josse lit un extrait de "Peste et choléra" de Patrick Deville

2 min

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5 livres étrangers

Qu’avons-nous fait de nos rêves
Qu’avons-nous fait de nos rêves © Radio France

Qu’avons-nous fait de nos rêves, Jennifer Egan (Stock)

Sasha a une petite trentaine. Elle vivote à New York, après avoir quitté son poste d’assistante de production dans une grande maison de disques. On la découvre sur le canapé de son psychothérapeute, tentant de régler son problème de kleptomanie et de remettre de l’ordre dans sa vie. Sans amis, sans travail, elle est une âme solitaire et prédatrice. Bennie, lui, a la quarantaine passée. Ancien producteur star des Conduits, un groupe de rock emblématique, il se contente désormais d’éditer des tubes insipides. Divorcé, il essaie d’entretenir des liens avec son fils, sans trop y parvenir. Déprimé, il n’arrive même plus à avoir la moindre érection.

Vincent Josse lit un extrait de "Qu'avons-nous fait de nos rêves ?" de Jennifer Egan

2 min

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Home
Home © Radio France

Home, Toni Morrison (Christian Bourgois)

L’histoire se déroule dans l’Amérique des années 1950, encore frappée par la ségrégation. Dans une Amérique où le « White only » ne s’applique pas qu’aux restaurants ou aux toilettes, mais à la musique, au cinéma, à la culture populaire. L’Amérique de Home est au bord de l’implosion et bouillonne, mais c’est ici la violence contre les Noirs américains, contre les femmes qui s’exprime. Les grands changements amorcés par le rejet du Maccarthisme, par la Fureur de vivre ou le déhanché d’Elvis n’ont pas encore commencés. En effet, les Noirs Américains sont brimés et subissent chaque jour le racisme et la violence institutionnalisés par les lois Jim Crow, qui distinguent les citoyens selon leur appartenance « raciale ». Pour eux, le moindre déplacement, même le plus simple, d’un état à l’autre, devient une véritable mission impossible. En réponse à cette oppression, l’entraide et le partage – facilités par l’utilisation du Negro Motorist Green Book de Victor H. Green qui répertorie les restaurants et hôtels accueillant les noirs dans différents états – sont au cœur des relations de cette communauté noire dans une Amérique à la veille de la lutte pour les droits civiques.

Pascale Clark lit un extrait de "Home" de Toni Morrison

2 min

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Tigre, tigre !
Tigre, tigre ! © Radio France

Tigre, tigre !, Margaux Fragoso, (Flammarion)

Margaux n’a que 8 ans lorsqu’elle rencontre Peter, un homme d’une cinquantaine d’années, qui la fascine et l’amuse. Très vite, la petite fille qui se sent mal au sein de sa propre famille, ne va plus passer une seule journée sans rendre visite à cet homme, dans sa maison aussi délabrée que fantastique avec ses murs fissurés et tous les animaux qui y vivent.Sa mère, toujours à l’hôpital et son père, un homme dur et alcoolique laissent leur fille jouer avec un alligator, faire de la moto, jouer à la poupée, … sous la houlette d’un homme qui leur inspire confiance et les soulage de poids de l’éducation de Margaux.Peter se dit amoureux de la petite fille. Chaque jour, il lui écrit des lettres d’amour enflammées et très vite l’initie à la pratique de ses fantasmes sexuels.Margaux n’aura jamais d’enfance. Jusqu’à ses 22 ans, elle vivra sous la coupe de Peter sans avoir la possibilité d’échapper à ses caprices, à ses exigences. On appelle cela le Syndrome de Stockholm, le sentiment d’aimer son bourreau, de ne pas pouvoir exister sans lui. Autour d’eux, des murmures et des soupçons mais jamais de preuve, comme si le monde entier était incapable d’ouvrir les yeux et de regarder l’horreur en face.

Patrick Cohen lit un extrait du livre "Tigre, tigre!" de Margaux Fragoso

2 min

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Certaines n’avaient jamais vu la mer
Certaines n’avaient jamais vu la mer © Radio France

Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka (Phébus)

Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d'internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé.

Stéphanie Duncan lit un extrait de "Certaines n'avaient jamais vu la mer" de Julie Otsuka

2 min

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Dans le jardin de la bête
Dans le jardin de la bête © Radio France

Dans le jardin de la bête, Erik Larson (Cherche Midi)

Après s’être intéressé à l’Exposition universelle de Chicago et au premier serial killer américain dans son précédent livre, Erik Larson nous offre cette fois un thriller politique et d’espionnage, basé sur des évènements réels et peu connus qui se sont déroulés en Allemagne pendant l’accession au pouvoir d’Adolphe Hitler.1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Originaire de Chicago, c’est un homme modeste et austère, assez peu à sa place sous les ors des palais diplomatiques, qui s’installe dans la capitale allemande. Belle, intelligente, énergique, sa fille, la flamboyante Martha est vite séduite par les leaders du parti nazi et par leur volonté contagieuse de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécutions envers les juifs, essaie d’alerter le Département d’État américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union Soviétique. Tous les protagonistes de l’histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse « Nuit des longs couteaux ».

Patrick Cohen lit un extrait de "Dans le jardin de la bête" d'Erik Larson

2 min

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Hors Catégorie

Homo economicus
Homo economicus © Radio France

Homo economicus, Daniel Cohen (Albin Michel)

Sous l’égide d’une nouvelle civilisation-monde, dominée par un capitalisme exubérant, la société devient beaucoup plus compétitive. L’obsession des chiffres se diffuse et la manie du classement (écoles, hôpitaux, chercheurs, cadres, employés…) s’est installée partout. Sur Facebook, les enfants mettent leur vie privée en scène sous le regard et le jugement des autres, chacun cherchant à avoir le plus d’amis possibles. Les firmes organisent une concurrence nouvelle entre leurs salariés, sous-traitant les tâches inutiles, licenciant ceux qui ne peuvent pas suivre. Un monde néo-darwinien, où les plus faibles sont éliminés et soumis au mépris des vainqueurs, est en train de s’imposer. Adossé aux promesses ambigües de la révolution numérique en cours, un scénario crépusculaire se lit entre les lignes de ce monde en devenir. En y ajoutant les bouleversements rendus possibles par la génétique le défi est immense. Rien n’est pourtant inéluctable dans ces évolutions. Les métaphores tirées du monde naturel n’ont de pertinence que pour ceux qui en profitent. A l’heure où des milliards d’humains se pressent aux portes du modèle occidental, l’urgence est de repenser de fond en comble le rapport entre la quête d’un bonheur individuel – pas forcément inaccessible ! – et la marche efficace de nos sociétés modernes.

Rien ne s'est passé comme prévu
Rien ne s'est passé comme prévu © Radio France

Rien ne s’est passé comme prévu, Laurent Binet (Grasset)

Il s'agit d'abord d'un récit retraçant la course vers le pouvoir d'un homme et de son équipe, mais aussi de comprendre le fonctionnement caché de la machine (choix tactiques, élaboration des discours, relations avec les journalistes, organisation logistique, rencontre avec les différentes composantes de la société française...). Le livre ne se limite pas à un simple portrait de Hollande mais évoque abondamment les seconds rôles (Moscovici, Valls, Montebourg...) ainsi qu'une foule d'anonymes rencontrés au fil des déplacements dans les usines, les écoles, la rue... Le récit est à la première personne et se distingue d'un ouvrage journalistique par une subjectivité surexposée qui s'inspire du journalisme gonzo de Hunter S. Thompson. Ce parti-pris permet de rendre compte d'une dimension burlesque qui se révèle omniprésente. Enfin, au-delà du résultat, l'un des enjeux dramatiques du livre est le suivant : l'auteur, qui observe jour après jour l'altération de sa subjectivité, va-t-il finalement se convertir à la sociale-démocratie et voter Hollande ou tenter le diable, oublier 2002 et voter Mélenchon ?__

(Liste établie par : Anne-Julie Bémont, Philippe Collin, Marie-Laure Delorme, Alexandre Fillon, Vincent Josse, Karen Lajon)

la rentrée littéraire
la rentrée littéraire © Radio France
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