Dans ce puissant roman graphique signé Nejib, un scientifique et sa fille, sous la protection de l’empereur Fréderic II, mettent au point un ancêtre de la photo

Stupor Mundi
Stupor Mundi © Nejib - Gallimard BD

Dans ce puissant roman graphique signé Nejib, un scientifique médiéval et sa fille, sous la protection de l’empereur Fréderic II, mettent au point un ancêtre de la photo dansun château fort du sud de l’Italie. Obscurantisme contre connaissance, l’éternel combat. Au Moyen Âge, un savant, sa fille paralysée et hypermnésique, et son serviteur chargé de la porter, sont accueillis à la cour de l’empereur Frédéric II de HohenStaufen - le petit-fils de Frédéric Barberousse, surnommé « Stupor Mundi » (stupeur du monde) qui n’a cessé d’affirmer son pouvoir, tout en étant polyglotte et très ouvert d’esprit. Sa mission ? Imaginer l’ancêtre de la photographie - la camera oscura - et œuvrer « pour la vérité et contre la bêtise du monde » , à tout prix. Pour cela, l’inventeur, venu de Bagdad d’où il a été chassé, va devoir affronter les forces obscurantistes de l’entourage du souverain qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de cette innovation. Dans ce roman graphique, Nejib s’est librement inspiré de la vie d’Alhazen, l’un des pères de l’optique moderne. Avec son style graphique sobre mais efficace, il nous rappelle avec une histoire assez haletante que l’accès à la connaissance n’est pas un fleuve tranquille. Dans ce livre à l'amosphère agréable, le héros ressemble à... un célèbre footballeur d'aujourd'hui ! On croise aussi un certain maître Sigismond, qui fait accoucher la petite fille… de ses rêves. Ce clin d'œil à la psychanalyse n'est pas le seul lien que Stupor mundi établit avec notre époque. L’histoire elle-même n’est pas sans rappeler le combat très contemporain de la science contre toutes les superstitions ou les religions. Stupor Mundi de Nejib chez Gallimard BD ### Nejib : "Je cherche à casser les clichés" > La conception de l'image m'a toujours intéressé, mais surtout, j'ai lu la thèse du peintre anglais contemporain David Hockney. Dans un documentaire, il défend l'idée que plus de peintres qu'on ne le pense, se sont servi d'instruments optiques.

Mes références ? Petit, je lisais Franquin et Moebius, plus tard, j'ai été marqué par Blain ou Blutch. Je suis aussi allé chercher du côté de l'iconographie médiévale pour trouver des silhouettes ou des visages plus étranges. On y trouve d'ailleurs des dessins proches de la BD.

Et pour mon personnage principal, c'est chez... Zlatan Ibrahimovic que j'ai trouvé ! Avec cette assurance et cette carrure, j'ai voulu casser le stéréotype du savant petit, malingre... Ce que je cherche à faire en général, c'est à casser les clichés.

Avec Hannibal, le personnage principal, et sa fille, je reproduis le schéma de Sherlock Holmes et Watson : c'est le narrateur, un personnage "normal" qui va raconter le personnage hors-norme. Hannibal est donc un personnage rationnel mais qui est proche de la folie comme Holmes ou le Chevalier Dupin chez Edgar Poe ou Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la Rose . Houdê, la petite fille, accompagne le lecteur. Avec sa proto-psychanalyse, elle va découvrir en même temps que nous ce qu'il se passe. C'est un procédé que j'aime beaucoup.

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