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Temps glaciaires de Fred Vargas, découvrez ce que l'émission Le Masque et la plume en a dit. Avec les critiques littéraires : Olivia de Lamberterie (Elle), Jean-Claude Raspiengeas (La Croix), Jean-Louis Ezine (Philo-Magazine) et Arnaud Viviant (Transfuge) réunis autour de Jérôme Garcin.

Temps glaciaires de Fred Vargas commence dans une rue du 15e arrondissement de Paris. Une vieille dame avec son déambulateur marche dans la rue et s’écroule, prise d’un malaise.

Une passante récupère l’enveloppe que la dame s’apprêtait à poster et la glisse dans la boîte aux lettres. C’est le début d’une intrigue qui va mener le très nonchalant commissaire Adamsberg, alias « Le pelleteur de nuages », et son fidèle Danglard jusqu’en Islande et même via la société Robespierre à la Révolution française…

Ecoutez l'extrait de l'émission du Masque et la plume consacré àTemps glaciaires:

Jean-Louis Ezine :

J’ai adoré. Il y a quelque chose de paradoxal chez Vargas. Quand on dit polar, on pense intrigue, mais là l’intrigue est tellement complexe ! Ce qui serait d’ailleurs un défaut rédhibitoire chez un autre écrivain,est ici épatant, parce qu’on s’en fiche presque.Cette dame est un écrivain à chaque phrase. Et ça, c’est le vrai bonheur ! Les vrais écrivains, on les reconnaît dans la bribe, dans le segment, dans la miette…

Pour donner un exemple de cette complexité, prenons Adamsberg : « il était déjà aux trousses de Victor, lui-même aux trousses de ce Marc geignant et grondant, quand il entendit la course caractéristique de Danglard derrière lui ». Elle nous en balance 4. On ne sait plus qui suivre. Mais comme on est page 91, chacun de ses personnages est déjà bien caractérisé, on ne se perd pas.

J'ai un faible pour Danglard. Je l’adore. Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas un eu un portrait du père de Fred Vargas, Philippe Audouin, un surréaliste très cultivé. Je m’égare. Comme Fred Vargas, elle est l’écrivain de la digression, de la parenthèse.

Olivia de Lamberterie :

Dans les polars, il faut qu’il y ait une bonne intrigue et une bonne fin. Là, l’intrigue est certes emberlificotée, mais elle se résout de manière très satisfaisante. C’est très agréable. Autant son précédent livre ne marchait pas, mais là, dès le premier chapitre on est dedans, on est pris… On ne comprend pas toujours tout, comme dans un film de David Lynch, mais ce n’est pas grave.

Par ailleurs, ce qui est très sympathique, ce sont ses personnages. Elle les tient. C’est comme d’être invité chez des amis que l’on n’a pas vus depuis longtemps, on sait qu’on ne va pas s’ennuyer. Elle a un sens de la formule. J’ai du mal à lire les polars aujourd’hui, car vous avez soit du très noir avec de la femme enceinte éventrée, des enfants torturés, ou alors du très niais avec du polar psychologisant, et ça m’ennuie.Fred Vargas est la reine du polar français, et celui-là est particulièrement beau.

Arnaud Viviant

Ce dernier livre est meilleur que le précédent. C’est vrai que Fred Vargas a inventé quelque chose que je résumerai : Harry Potter en train de sodomiser Simenon. Au niveau du commissariat, c’est Simenon. Et Harry Potter pour le réalisme fantastique. Et puis il y a un côté prendre un enfant par la main, j’ai l’impression que l’on veut faire appel à l’enfant qui est en moi avec le sanglier.

Et Adamsberg, pourquoi les filles l’adorent ? C’est parce qu’il estcélibataire, c’est un cœur à prendre.

Le seul truc que j’ai trouvé très bien : par rapport à la Société Robespierre, il n’y a pas le regard, disons, d’un Lorant Deutsch.

Jean-Claude Raspiengeas :

Ce qui est bien avec Fred Vargas, c’est qu’elle ne se réclame pas d’une ambition. Elle réussit quelque chose d’assez épatant. Elle monte son histoire comme un légo et ça tourne au Rubik’s cube !

Temps glaciaires de Fred Vargas est paru chez Flammarion

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