Profond et intense : tel est le regard d’Audrey Hepburn sur la couverture du nouveau livre que Michel Cieutat et Christinan Viviani viennent de lui consacrer aux éditions Scope, avec en guise de sous-titre « La grâce et la compassion ». Hepburn, nous l’avons vue dans un film très récent. Mais, si, souvenez-vous, c’est dans « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar. Elle y prend les traits de Penelope Cruz dans un incroyable exercice de transformation physique en forme d’hommage. Comment ? C’est Penelope qui prend les traits d’Audrey ? Cela reste à prouver ! L’essentiel est dans cette continuité qui fait que, passant de l’une à l’autre, le mystère demeure, intact.Publié dans la collection « Jeux d’Acteurs », cet album où s’équilibrent parfaitement textes et photos fait la part belle aux analyses et aux décryptages de ce qui fonde précisément le mystère Hepburn. Comme le font remarquer les deux auteurs, Hepburn avec "sa frange de gamine et son long corps androgyne" intervient dans le paysage au moment où les stars féminines s’appellent Monroe ou Mansfield. Soit l’art de la contre-programmation parfaite. Soit en 21 films, l’affirmation tranquille que les modes passent et que l’élégance reste. Soit en 21 rôles, des personnages multiples certes, mais l’image d’une femme de son temps. En revenant plus particulèrement sur certains films importants comme « Ariane » et « Diamants sur canapé », les deux auteurs revisitent minutieusement le mythe Hepburn pour mieux en dégager la spécificité, analyses de séquences à l’appui. Allant plus loin, ils voient en elle l’incarnation d’une star plus « humaine » capable, par exemple, de compassion.Cette plongée dans l’actrice et ses jeux s’avère en tous points passionnante, comme si on (re)découvrait un univers à part. Derrière l’égérie de Givenchy, il y a comme l’expression d’une certitude absolue, là où nous en manquons tellement : la grâce peut tout sauver. De cette certitude-là, tout peut découler, tout peut advenir. C’est dire si Hepburn peut alors nous être précieuse : sa grâce est communicative, irradiante, universelle. Il suffit de s’en approcher et de s’en inspirer. Pour le meilleur et sans le pire.Ah ! ça ira !La phrase du …goûter :« Tuer le temps ? il n’a pas besoin de vous pour ça. Il meurt à chaque instant. On devrait au contraire l’empêcher de mourir. »Raphaël, alias Maurice Ronet, dans « Raphaël ou le débauché » écrit par Nina Companeez et réalisé par Michel Deville

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