Un livre vendu sur quatre est un polar et la vague Millenium s’apprête à submerger de nouveau de monde de l’édition. Dans trois jours le tome 4 sortira simultanément dans 25 pays. L’occasion de faire le point sur un secteur qui suscite bien des convoitises.

Couverture de Millenium 4, "Ce qui ne me tue pas"
Couverture de Millenium 4, "Ce qui ne me tue pas" © Actes Sud

Les chiffres sont impressionnants... Le nouveau tome de Millenium , "Ce qui ne me tue pas" de David Lagercrantz (Actes sud) : 500 000 exemplaires tirés. Le dernier Fred Vargas (Flammarion) : 450 000 exemplaires tirés... Sans compter la mode du polar nordique et les très beaux chiffres de l’Islandais Arnaldur Indriðason ...

Mais ce succès cache peut-être un malentendu. Caril y a polar et polar , assure Aurélien Masson. Il dirige la prestigieuse Série Noire chez Gallimard et explique au micro d'Ilana Moryoussef :

Les livres qui marchent, à part Ellroy peut-être, ce ne sont pas des livres qui vous mettent en danger et qui vous font reconsidérer le monde .

Il précise :

Le polar, j'y suis rentré par Chandler, Hammett, Manchette, et c'étaient des livres qui vous perturbaient. Là, les polars qui marchent sont des polar qu'on lit le soir avant de dormir, on tremble un peu et puis après on peut faire dodo.

Il n’empêche : les éditeurs ont vite compris qu’il y avait de l’argent à gagner. Les collections sortent de terre comme les champignons après la pluie. Rien que cette année, "Serpent noir" au Serpent à plumes ; "La Bête noire" chez Robert Laffont ; "Neo Noir" chez Gallmeister, pour n’en citer que quelques unes.

Dixième édition du festival du polar à Lyon (2014)
Dixième édition du festival du polar à Lyon (2014) © corbis

En temps de crise, l’univers très codifié du polar a quelque chose de rassurant, analyse Claude Combet, spécialiste du polar pour le magazine professionnel Livres Hebdo :

C'est d'autant plus important à une époque qui est un peu difficile. On s'évade, on est dans un autre monde, où quand même, en principe, le Méchant ne gagne pas donc c'est un peu rassurant.

Les prix du polar se multiplient, comme les collections. Même la SNCF a le sien. Hélas, on a vu avec le Thalys que la réalité peut dépasser la fiction.

Polars
Polars © corbis
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