Le chevalier noir, alias le plus torturé des superhéros, fête ses 80 ans lors de la 46e édition du Festival de BD d’Angoulême avec une exposition immersive qui ravira les plus jeunes.

Dans l'exposition Batman, un genre américain démasqué au Festival de BD d'Angoulême
Dans l'exposition Batman, un genre américain démasqué au Festival de BD d'Angoulême © Radio France / Anne Douhaire/France Inter

Devant l’Alpha, la médiathèque d’Angoulême, la Batmobile, la voiture de Batman vous attend. A l’entrée de l’exposition, une scène de crime (L’acte fondateur de la série), celle des parents de Bruce Wayne, morts sous ses yeux. Plus loin, une rue de Gotham City avec ses poubelles, ses rats, et ses graffitis au mur que l’on longe avant de pénétrer dans le salon du manoir Wayne, où l’on s’attend à rencontrer Alfred, le fidèle majordome, ancien des services secrets. 

De là, on accède à la Batcave : le saint du saint, le repère secret hyper réaliste…

La batcave reconstituée au Festival de BD d'Angoulême
La batcave reconstituée au Festival de BD d'Angoulême © Radio France / Anne Douhaire/France Inter

Apparu en 1939, le chevalier noir est né de l’imagination de Bill Finger, sous les crayons de Bob Kane dans Detective Comics, quelques mois après Superman. Graphiquement, Batman vient à la fois des machines volantes de Léonard de Vinci, et des films The Bat Whispers de Roland West (1930) qui met en scène un tueur au costume de chauve-souris (Bat en anglais), et Le Signe de Zorro (Fred Niblo, 1920) avec Douglas Fairbanks.

Contrairement à ses confrères super-héros, Batman n’a pas de pouvoirs

Son intelligence et son désir de vengeance du meurtre de ses parents lui permettent de protéger Gotham City et ses habitants. C’est un personnage qui tient à la fois de Zorro et de Dracula.

Dans ses aventures, meilleur est le méchant, meilleure est l’histoire. Le Joker est le premier d’entre eux. Habillé de couleurs, c’est un adversaire flamboyant, qui apparaîtra régulièrement dans la série télé très pop et autoparodique des années 1960. Le personnage, au maquillage inspiré de celui de Conrad Veidt dans le film muet gothique L’Homme qui rit (1930), revient à partir des années 1980 dans les BD puis les films de Tim Burton et Christopher Nolan pour devenir une pure incarnation du mal. Les méchants dans Batman sont toujours un aspect perverti de la personnalité du héros, et les raisons économiques et sociales qui les mènent au crime ne sont pas évincées. 

Détail d'une planche originale de Batman dans l'exposition à Angoulême
Détail d'une planche originale de Batman dans l'exposition à Angoulême / Anne Douhaire/France Inter

Dans les 600 m2 de l’exposition, on retrouve de magnifiques originaux en noir et blanc de Neal Adams, ou de Denis Sire (décédé récemment). Ils permettent de mesurer les évolutions du Superheros. The Killing joke d’Alan Moore en fait un héros aussi frappé que le Joker. Frank Miller (Batman : the dark knight return, Batman Year one) à qui le Festival a décerné un Fauve d’honneur lors de l’inauguration a fait un héros très sombre. Avec Jim Aparo et Neal Adams on a assisté à un tournant : avec eux le récit s’allonge, la cape aussi, et le héros se réhumanise, revenant aux sources, en refaisant de Batman le double négatif de Superman. 

A ne pas rater à Angoulême

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