Treize ans après le dernier volume de la saga Harry Potter, JK Rowling revient au roman pour la jeunesse avec "L’Ickabog", un conte politique sur la peur, la vérité et les abus de pouvoir. Une œuvre qui doit sa publication au confinement.

JK Rowling en décembre 2019 à New York
JK Rowling en décembre 2019 à New York © Maxppp / Sonia Moskowitz / Zuma Press

Après avoir mis un point final à la saga Harry Potter, en 2007, JK Rowling avait annoncé qu’elle n’écrirait plus de littérature jeunesse. Mais la pandémie est arrivée et l'autrice s’est dit que cette histoire, qu’elle avait l’habitude de raconter à ses enfants à l’heure du coucher, pouvait encore être utile.

"Elle l’a ressortie au moment du confinement", explique Hedwige Pasquet, présidente des éditions Gallimard jeunesse. "Il y a eu une première diffusion [gratuite, NDLR] au moment du confinement, pour tous les enfants qui étaient confinés et auxquels elle voulait proposer une opportunité de lecture. Elle a même associé cette 'relance' à un concours d’illustrations."

De fait, l’édition française du livre comporte 34 dessins d’enfants de pays francophones distingués par le concours et autant de chapitres.

Quelques exemples d'illustrations réalisées par de jeunes lecteurs
Quelques exemples d'illustrations réalisées par de jeunes lecteurs / Gallimard

"On retrouve dans l’Ickabog les thèmes de prédilection de JK Rowling", souligne Hedwige Pasquet. "L’amitié, la famille, les abus de pouvoirs..."

Un monstre qui justifie une restriction des libertés

L’histoire se déroule dans le petit pays de Cornucopia. Les habitants vivent heureux sous le règne du roi Fred Sans Effroi. Aux confins du royaume, cependant, un monstre, l’Ickabog, fait régner la terreur. Existe-t-il vraiment ? Ce n’est pas sûr. Mais la peur est un excellent levier et le conseiller du roi, le cruel Cracheray, en profite pour écraser le peuple d’impôts nouveaux et restreindre les libertés. Il faut bien, n’est-ce pas, se donner les moyens de défendre le royaume contre le monstre qui le menace ?

Seule une poignée de citoyens résolus et clairvoyants a le courage de se dresser contre le mensonge. Parmi eux bien sûr, deux adolescents intrépides, Bert et Daisy, qui traverseront une longue série d’épreuves.

"Qu’est-ce que les monstres que nous inventons révèlent de nous-mêmes ? Pourquoi les gens choisissent-ils de croire aux mensonges, même quand les preuves sont maigres, voire absentes ?", s’interroge JK Rowling dans un court avant-propos.

Cette fable aux accents orwelliens sur la vérité et le pouvoir est un énorme enjeu commercial pour Gallimard jeunesse : le tirage est de 200 000 exemplaires.

Initialement prévue fin novembre, la sortie avait été repoussée jusqu’au 3 décembre, après la réouverture des librairies en France.