Dans son dernier livre, "Une partie de badminton", Olivier Adam raconte l'histoire d'un écrivain en plein tourment car en proie à l'insuccès. Son livre quant à lui est loin d'avoir convaincu les critiques du "Masque & la Plume" qui le jugent "dépressif", "ennuyeux", "sale" et même "pathétique"...

L'écrivain Olivier Adam
L'écrivain Olivier Adam © AFP / ULF ANDERSEN / AURIMAGES

Le livre présenté par Jérôme Garcin 

Le héros de ce roman, un personnage récurrent chez Olivier Adam, est Paul Lerner. Il a 45 ans, ses derniers livres se sont peu vendus, il a perdu ses illusions à Paris, et il revient là d’où il était parti, en Bretagne, près de Saint-Malo, où il accepte un poste de localier dans un hebdomadaire. Mais les soucis commencent à le rattraper, dans sa vie conjugale, familiale et professionnelle.

Patricia Martin y a vu "du talent même si c'est un peu casse-pieds..."

PM : "C'est un roman très français, bien dépressif avec cette routine un peu terne, cette fatigue d'être soi, avec cette incapacité à trouver sa place, et cette absence à soi-même dans une vie où on se sent un peu humilié et trompé sur la marchandise. 

On est vraiment dans la rumination pendant une très grande partie du livre avec des maladresses, des lourdeurs de débutant parfois - c'est un peu casse-pieds, des propos attendus dans une sorte de melting-pot, c'est la société telle qu'elle est avec les choses qui arrivent : les banlieues, les attentats, les réfugiés, le racisme, la vie de bobo, l'écologie, le monde de l'édition et du cinéma. 

On se dit que c'est un peu facile parfois avec des stéréotypes

Néanmoins, je trouve qu'il a quand même le talent de décrire le quotidien, l'angoisse qui monte, les nuits blanches, l'incompréhension entre les êtres. La fin, j'ai trouvé cela formidable, un suspense inouï où là, tout un coup, il se réveille avec du nerf". 

Michel Crépu : "une sincérité [...] oui, mais encore faut-il que l'on soit pris..."

MC : "J'ai été sensible à l'ambition de ce livre qui a poussé Adam à se lancer dans une affaire pareille. C'est un gros livre, une sorte de cahier des charges où il ne manque absolument rien, un roman d'apprentissage qui fait retour sur lui-même où ce qu'il nous raconte c'est un désir de réussite, une ambition littéraire et une désillusion, une défaite, un repli, et ce n'est pas rien. 

Mais... le seul véritable problème c'est que cela ne m'a pas retenu, il y a une sincérité chez lui que j'approuve mais malheureusement il y a là une poussière d'ennui, et encore faut-il que l'on soit pris". 

Pour Olivia de Lamberterie "c'est un livre très ennuyeux"... 

OdL : "Un livre très plat, très désagréable à lire parce que je pense que l'un des grands ennemis de la littérature, c'est l'aigreur et l'amertume, or c'est vraiment l'histoire d'une sorte de double d'Olivier Adam car il s'amuse à donner dans la biographie de ce héros des éléments de sa propre biographie notamment par l’adaptation de ses livres au cinéma. C'est un type d'une amertume folle qui n'a plus de succès… c'est difficile de faire la part des choses. Je trouve que cette amertume contamine le livre. C'est un type qui a une vision de la littérature épouvantable (uniquement le nombre de lecteurs, le nombre d'apparitions publiques, les ventes) mais on a envie de se demander : quel type de littérature écrit-il ? 

C'est très très long, et il y a un problème de langues

Lui-même, le héros dit qu'il aime parler comme un chartier, c'est un mec qui est en colère qui a tout perdu, sa femme, son boulot, tout, c'est écrit comme le prospectus d'un Novotel qui vous dit "il y a des boissons chaudes à votre disposition". Il y a aussi certaines pages où il y a des vrais problèmes avec sa femme et lui dit alors : "Tiens, si tu buvais une boisson chaude ?" Quand on se dispute avec sa femme et qu'on apprend qu'elle a une liaison, non on ne lui dit pas ça... 

C'est un livre totalement dénué de charme alors que le titre en a... Malheureusement, si on lit le livre, on découvre que ce n'est pas un titre de lui mais un petit extrait d'une chanson d'Alain Chamfort. La seule chose qu'il y a à sauver, c'est la manière qu'il a de parler de son petit garçon qui est très tendre et très jolie. Mais non c'est un livre vraiment très ennuyeux"... 

Arnaud Viviant pense qu'Olivier Adam "devrait faire une pause"... 

"J'ai trouvé cela pathétique presque sale en fait, une saleté profonde dans ce livre. Là bizarrement, il parle de l'écriture comme d'une profession, il s'intéresse à savoir s'il va pouvoir retourner au Japon avec ses enfants en fonction de ses ventes. 

C'est la vision de la littérature la plus déprimante que j'ai jamais lu

C'est un écrivain raté, de seconde division. À un moment, Olivier Adam a été longtemps, et il risque de le rester encore, le souffre douleur de Frédéric Beigbeder et il raconte que celui-ci l'appelle "Ouin Ouin", et là franchement j'aurais envie de dire que l'on a affaire à "super ouin ouin", c'est "comment je vais payer le loyer ?" et heureusement ça se finit bien pour lui, il va retourner au cinéma et qu'il y reste. Qu'il nous débarrasse de la littérature. Je pense qu'il devrait faire une pause"... 

Aller plus loin

Écoutez l'intégralité des critiques échangées sur le livre :

8 min

"Une partie de badminton", d'Olivier Adam : les critiques du Masque et la Plume

📖 LIRE - "Une partie de badminton" d'Olivier Adam est à retrouver chez Flammarion

► LIVRE OUVERT | Toutes les autres œuvres passées au crible des critiques du Masque et de la Plume sont à retrouver ici.

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume, réunis autour de Jérôme Garcin, pour parler cinéma, littérature ou théâtre. 

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