Voici le retour, après dix ans d’absence, de Lolita Pille, qui a connu un très grand succès en 2002 avec "Hell", un premier roman porté à l’écran par Bruno Chiche. Suivront "Bubble Gum" en 2004 et "Crépuscule Ville" en 2008. Depuis, plus rien… Jusqu’à "Elena et les joueuses". Qu'en pensent les critiques du "Masque" ?

Lolita Pille
Lolita Pille © AFP / Joël Saget

Le livre résumé par Jérôme Garcin

Elena Filleul est une ancienne joueuse de 30 ans qui a foutu sa carrière en l'air sur un coup de tête. Son père est en prison, elle n'a pas un rond et demande de l’aide à la richissime famille Chèvreloup dont elle aime l'un des fils, Ismaël. Ça se passe à Paris, en août 2014. 

Avec ce livre, Lolita Pille voudrait être "un mélange de Sagan et de Pogba"...

Olivia de Lamberterie a été déçue

OL : Je trouve que ça commence assez bien, par une sorte de réflexion d'une jeune fille qui est passée tout près du triomphe. On voit qu'il y a beaucoup de choses sûrement autobiographiques dans une première partie, que je trouve assez intéressante pour une fille qui n'a pas voulu assez le succès, qui n'y a pas mis son âme et son cœur. 

À partir de là, ça devient n'importe quoi. Une sorte de roman faussement classique sur la fascination d'une famille, les Chèvreloup, et tout est dans ce choix de nom de famille je trouve : ça ne marche pas. 

C'est très bien écrit mais c'est un peu le syndrome "Une Ferrari mais pour aller où ?" Il y a trop de triturations. Je crois qu'elle a voulu trop montrer qu'elle était un écrivain et malheureusement ce n'est pas très probant comme démonstration. 

Arnaud Viviant trouve le style "pas mal"

AV : Je suis tombé sur "Un soleil noir comme un sac de poils". C'est pas mal. Il y a des petites choses comme ça… Cette idée de l'écriture, qui est là un peu trop montrée, avec l'idée qu'on va mélanger les niveaux de langage, entre "culture haute" et "culture basse" avec des dialogues assez marrants où ça devient très aristocratique et après on est au niveau du rap. 

Dans les meilleurs moments, ça fait penser à certains films de Rohmer - oui c'est pas mal mais ça manque d'une petite colonne vertébrale. D'un sujet.

Frédéric Beigbeder défend le livre et l'auteur

FB : Je persiste à aimer Lolita Pille mais je pense que  ça a des points communs avec Bret Easton Ellis : le succès les a un peu tué, elle a aussi été l'objet d'une haine absolue, et les livres suivants n'ont pas été lus… Là, elle essaie de revenir après onze ans d'absence.

Quand elle décrit ce personnage de fantôme qui hante un peu des riches parce qu'il est complètement fauché : "elle flotte comme une fumée", c'est assez joli ! À un moment, elle dit : "Moi je n'ai pas de chance, au lieu de me taper des beaux ténébreux, j'ai toujours eu droit aux laids limpides".

Le résumé du livre, c'est qu'on n'est pas sérieux quand on a 17 ans (elle a publié Hell à 17 ans) et qu'on fait moins le malin quand on en a 36. C'est vrai qu'il y a un côté un peu pathétique, qu'il y a des dialogues qui sont .. 

Moi j'ai été touché, je trouve que ça fonctionne, notamment dans les dialogues qui sont très drôles

Michel Crépu a aimé le style d'écriture de Lolita Pille

MC : J'ai été époustouflé par ce livre (je n'ai pas lu les autres). Époustouflé, oui, je ne mégote pas. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre.

J'aime beaucoup la place du tennis puisque la narratrice joue au tennis, et elle écrit un peu comme elle joue : ce qui est intéressant, c'est le rythme, le tchatché de ce livre. Peu importe l'histoire, je m'en fiche éperdument…

Aller plus loin

Ecoutez l'intégralité des critiques échangées sur le livre :

7 min

"Elena et les joueuses" de Lolita Pille : les critiques du "Masque & la Plume"

📖  Le roman de Lolita Pille est publié chez Stock

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature

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