Pour sa carte blanche dans "Boomerang", l'actrice Céline Sallette a choisi de lire un extrait de "La révolution du partage" d'Alexandre Mars. Un texte lumineux, qui rend hommage à la génération Y, ceux qui pratiquent "l’attention [aux autres] comme art de vivre".

Solidaires
Solidaires © Getty / Hero images

Céline Sallette a découvert Alexandre Mars en lisant le magazine We Demain, où sont réunies des initiatives géniales qui vont faire notre futur. Alexandre Mars a créé une fondation, Epic, dont la vocation est d'auditer les associations pour que le don devienne la norme demain. "À la fin, il n'y a qu'une chose qui tiendra la société ensemble, c'est le don - don qu'on fait spontanément, dans le désir" explique Céline Sallette. 

Extrait du texte d'Alexandre Mars

2 min

"Grâce à vous, le sens est la nouvelle devise" : Céline Sallette lit Alexandre Mars

Votre génération, vous, les Millenials, est différente. Elle est différente de la nôtre, celle des vos aînés. 

Vous êtes la "We Generation", la génération du "nous". Nous étions les générations du "je". Vous voulez partager, vous êtes dans le sens, l’attention, la sollicitude, le relationnel, la générosité, le souci de l’autre. Vous voulez faire le bien. Ma génération est encore trop égoïste, les héros de nos films étaient les tueurs et les gros bras, les avides étaient ses rois. Nos valeurs se calculaient en dollars, en euros. 

Et puis vous êtes arrivés. Des sortes d’extraterrestres, la génération la plus socialement engagée depuis Mai 68. Je vous repère quand je donne mes conférences. Vous êtes ces mains qui se lèvent, ces téléphones qui bombardent de photos l’écran derrière moi, sur lequel s’affiche une phrase devenue votre slogan : "Purpose is the new currency", le sens est la nouvelle devise. 

Le sens est un travail invisible. Il n’est entretenu ni par l’intelligence (nous aussi étions intelligents) ni par les sentiments. Il est au-delà de la réflexion : il est ce que vous êtes. L’attention pour les proches et pour ceux que vous ne connaissez pas. L’attention pour la planète que nous vous laissons en bien mauvais état. L’attention comme art de vivre, votre seconde nature, votre vraie nature. 

Vous n’êtes pas dans la perspective d’aider : ces mots "paternaliste", "colonialiste", n’appartiennent pas à votre vocabulaire. Vous, vous préférez partager, et vous avez bien raison. Vous ne donnez pas, vous nouez des partenariats. Vous ne faites pas la charité, vous nous mettez à côté de l’autre pour avancer avec lui. 

Vous avez déconstruit notre organisation sociale. Nous avons d’abord cru à une plaisanterie. Puis le monde que vous imaginez nous a séduits. Quand, aujourd’hui, des organisations patronales et des banques d’affaires me demande de leur parler de partage, de bien social, je sais que vous avez gagné. Quand les vieux que nous sommes, nous les générations X et les baby-boomers, sortons de notre petite zone de confort et cherchons avec vous des solutions, je suis rassuré : il n’y aura pas de retour en arrière. 

La fille d’un couple d’amis a fêté récemment ses dix-huit ans. Nous, à dix-huit ans, nous rêvions d’une voiture. Elle a demandé à ses parents de vendre l’une de leurs deux voitures. Histoire de protéger la planète.

Grâce à vous, le dollar et l’euro sont détrônés. Le sens est la nouvelle devise…

Références

🎧 ECOUTER | Céline Sallette au micro d'Augustin Trapenard, l'entretien complet dans Boomerang

📖 LIRE | La révolution en partage de Alexandre Mars (Flammarion)

💡 A DÉCOUVRIR | le magazine We Demain. À noter que ce très chouette magazine avait fait des chroniques sur notre antenne, à (re)découvrir ici

🎧 ECOUTER | Chaque semaine, Valère Corréard vous propose un coup de projecteur sur une tendance ou une initiative qui pourrait changer (un peu, beaucoup ou pas du tout) le monde et notre quotidien

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.