Catel et Bocquet, les auteurs des biographies BD remarquables d’Olympe de Gouges et de Kiki de Montparnasse signent un bel hommage à une grande artiste et à la femme libre.

Couverture de Joséphine Baker (détail)
Couverture de Joséphine Baker (détail) © Catel et Bocquet/Casterman

Mais l’histoire de cette vedette du music-hall ne se résume pas à sa carrière sur les planches. Ni aux images sur lesquelles on la voit danser avec une ceinture de bananes autour de la taille. La Joséphine Baker racontée par Catel et Bocquet a plus d’épaisseur. La gamine du Missouri a d’abord été maltraitée dans une famille chez laquelle elle avait été placée pour travailler comme servante à l’âge de 7 ans. Danseuse dans un petit spectacle, elle est repérée par un groupe de musiciens noirs. Mariée à 13 ans, elle embarque pour la France en 1925 pour danser dans une revue nègre, un spectacle de Charleston à priori raciste mais dont elle va réussir à détourner le propos.

Un destin incroyable. Née pauvre en 1906, Josephine Baker devint rapidement une artiste mondialement connue des années 30. Elle restera célèbre jusqu’à sa mort en 1975.

Celle que l’on surnomme Tumpie depuis l’enfance fréquente les artistes et intellectuels des années 1930 (Picasso, Le Corbusier, Cocteau…), avant d’entamer une carrière internationale. Devenue française en 1937, par choix, parce qu’elle souffrait moins du racisme à Paris qu’aux Etats-Unis, elle participe à des missions d’espionnage au côté de la résistance, pendant la guerre. Un combat pour la liberté qu’elle poursuit une fois la paix revenue. En particulier, elle milite pour les droits des noirs et fait peu connu, participe à la marche pour les droits civiques de 1963 où elle lit un discours avant Martin Luther King. Une aspiration à la liberté que l’on retrouve dans sa vie privée : mariée plusieurs fois, on lui prête nombre de liaisons - hommes et femmes.

Ce qui frappe également chez Joséphine Baker, c’est son énergie fabuleuse au service des utopies qui lui tiennent à cœur. Pour prouver au monde que l’on peut s’entendre quelle que soit sa couleur de peau, elle constitue une "famille Arc-en Cie"l : douze enfants adoptés qu’elle élève avec son quatrième mari, Jo Bouillon, dans son château périgourdin des Milandes transformé en parc d’attraction. Ruinée plusieurs fois, elle parvient à rebondir. Catel et Boquet reconstituent son parcours exceptionnel dans un récit riche en anecdotes. On ressent à chaque page, chaque dessin de Josephine Baker, le plaisir qu’a eu Catel à dessiner cette personnalité charismatique, exigeante avec elle-même comme avec les autres. Ses enfants évoquent une femme généreuse et ouverte, mais qui n’hésitait pas à être dure. Libre, jusqu’au bout.

Tout nous a surpris chez Joséphine Baker : son parcours incroyable, mais aussi sa volonté. Elle voulait arriver au firmament de ses utopies et elle est allée au bout de ses rêves. Sa tribu arc-en-ciel est très touchante. Comme son choix de la France pour sa devise.

Catel :

Regardez Comment j’ai dessiné... Joséphine Baker par Catel :

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Feuilletez quelques pages :

Joséphine Baker de Catel et Bocquet Casterman coll. Ecritures

Joséphine Baker sur France Inter :

La bande annonce du roman graphique sur le site des éditions Casterman

Couverture de Joséphine Baker
Couverture de Joséphine Baker © Catel et Bocquet/Casterman

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