Si l’émission "Affaires Sensibles" décrit le scandale de la sortie du livre en 1960, et si "Ça peut pas faire de mal" nous emporte en poésie, les courtes émissions de Sonia Devillers et Dorothée Barba évoquent des aspects du roman qui donneront aussi envie de lire ou de relire ce texte profond et bouleversant.

L'Amant de Lady Chatterley, un film de Pascale Ferran, avec Marina Hands et Jean-Louis Cull'och (2006)
L'Amant de Lady Chatterley, un film de Pascale Ferran, avec Marina Hands et Jean-Louis Cull'och (2006) © AFP / Nathalie Eno / Maïa Film / Saga Films

Italie, 1928. l'écrivain David Herbert Lawrence souffre de tuberculose et n'a plus que deux ans à vivre. 

Il écrit et réécrit un roman qu'il veut baptiser Tenderness, trois versions différentes verront le jour, la dernière est publiée à compte d'auteur.

Voici Lady’s Chatterley’s Lover, roman de la maturité pour l'écrivain-poète.

L'ouvrage est interdit dès sa sortie, les œuvres de poésie également. 

Ce n’est qu’en 1960, lorsque les éditions Penguin Books, réimprimant le roman en Angleterre, qu’il tombera une fois de plus sous le coup de la censure, mais sera aussi sauvé par une nouvelle loi, autorisant la parution d'une oeuvre qualifiée d'obscène si le tribunal lui reconnaît des qualités littéraires.

Capture d’écrans / Procès :

Dans sa chronique de trois minutes, Dorothée Barba, nous encourage à visionner, sur Arte, le documentaire de Mathilde Damoisel, Le Procès de Lady Chatterley, orgasme et lutte des classes dans un jardin anglais.

Ce remarquable documentaire nous éclaire sur la censure, son processus implacable, mais aussi sur la vérité de cet immense roman, que les autres émissions de France Inter vont éclairer, chacune à leur façon.

"Affaires Sensibles" / Procès, point par point :

Pour évoquer ce procès retentissant et ses rebondissements, Fabrice Drouelle s’entretient longuement avec Mathilde Damoisel, réalisatrice du documentaire, Le Procès de Lady Chatterley, orgasme et lutte des classes dans un jardin anglais.

Mathilde Damoisel parle de l’événement comme d’un moment charnière pour l’entrée de l’Angleterre dans les Sixties, et compare ce procès à une joute exceptionnelle pleine de qualités littéraires, mais aussi à une comédie de mœurs.

Dans l’introduction à son roman, David Herbert Lawrence avait prévenu : 

Malgré tout ce qu’on pourra dire, je déclare que ce roman est un livre honnête, sain, et nécessaire aux hommes d’aujourd’hui.

"Ça peut pas faire de mal" / Poésie :

Guillaume Gallienne nous propose de commencer l’émission par un extrait d’entretien avec Pascale Ferran. 

En 2006, la cinéaste a réalisé une adaptation du roman, fidèle et forte, redonnant au propos toute sa portée subversive. 

Pour son long-métrage, Pascale Ferran a choisi d’adapter, non pas la troisième version, mais la seconde, Lady Chatterley et l’Homme des Bois  (Gallimard, 1977)

Le film possède un rythme lent, où l’omniprésence de la nature révèle sa nécessité comme cadre mais aussi comme possible miroir de la sexualité du couple.

Lors de sa sortie en salle en 2006, L’Amant de lady Chatterley de Pascale Ferran, a obtenu un palmarès époustouflant !

Dans ce roman, sans être une thèse, l'amour plus fort que tout est un thème, admirablement développé, où le souffle de D. H. Lawrence se déploie avec une liberté souveraine.

Dans ce même esprit, Guillaume Gallienne lit de larges extraits du texte, dans la traduction de François Roger-Cornaz, parue chez Folio Gallimard.

David Herbert Lawrence, dans son introduction au roman :

La relation nouvelle sera une sorte de tendresse, faite de sensibilité, entre les hommes et les hommes, et les hommes et les femmes.

Une autre notion importante du récit est le contraste entre la Nature et la société industrielle, celle-ci qui, irrémédiablement, abîme l’Homme.

Les Maîtres Nageurs / Plaidoyer :

Dans l’émission qui a pour titre, D.H.Lawrence et la décroissance, Sonia Devillers s’entretient avec l'écrivaine, Véronique Ovaldé à propos du roman et de sa portée politique, un plaidoyer pour la décroissance et la simplicité volontaire.

Véronique Ovaldé nous donne à entendre un extrait très important, placé à la fin du récit. 

Il s'agit d'une lettre écrite par Mellors, le garde-chasse, à Constance Chatterley :

Si on pouvait seulement leur dire que vivre et dépenser ne sont pas la même chose. 

Outre le message contestataire sur l'argent détruisant toute humanité, l'écrivaine attire notre attention sur la présence de la forêt comme lieu de vie, ainsi que l'absence de morale punitive dans le destin des amants, dont la vie continue et s'ouvre sur l'avenir.

Pour aller plus loin

🎧 ÉCOUTER | Documentaire : le procès de Lady Chatterley, sur Arte, dans l’émission Capture d’écrans de Dorothée Barba. (3’)

🎧 ÉCOUTER | Le procès de Lady Chatterley, dans l’émission Affaires Sensibles de Fabrice Drouelle. (54’)

🎧 ÉCOUTER | L’Amant de Lady Chatterley, de D.H. Lawrence, dans l’émission Ça peut pas faire de mal, de Guillaume Gallienne. (50’)

🎧 ÉCOUTER | D.H. Lawrence et la décroissance, dans l’émission Les Maîtres Nageurs, de Sonia Devillers avec l’écrivain, Véronique Ovaldé.

📖 LIRE | L’Amant de Lady Chatterley de David Herbert Lawrence (Folio / Gallimard) - troisième version du récit

📖 LIRE | Lady Chatterley et l’Homme des Bois (Gallimard) - seconde version du récit

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