Après "La Liste de mes envies" et "On ne voyait que le bonheur", Grégoire Delacourt revient avec un nouveau roman (et peut-être, un nouveau succès ?) : "La femme qui ne vieillissait pas". Qu'ont pensé les critiques du "Masque et la Plume" de ce conte sur l’éternelle jeunesse ?

"La femme qui ne vieillissait pas" : le nouveau roman de Grégoire Delacourt vient de paraître chez JC Lattès
"La femme qui ne vieillissait pas" : le nouveau roman de Grégoire Delacourt vient de paraître chez JC Lattès © AFP / Eric Feferberg

Delacourt se glisse une nouvelle fois dans la peau d’une femme : la première, Jocelyne, était mercière et avait gagné au Loto, la deuxième, Emma, succombait à la passion amoureuse. Et voici donc Martine, alias Betty, née en 1952 dans le Nord de la France, d’un père revenu d’Algérie avec une jambe en moins et d’une mère fauchée à 35 ans par un chauffard. Le père convole ensuite avec une vendeuse de chaussures, Betty fait des études à la Catho de Lille, rencontre André, un charpentier et compagnon du Devoir, l’épouse et lui donne un fils. 

Et, à 30 ans, alors qu'elle est directrice de création à la Redoute, elle réalise soudain qu’elle ne vieillit plus. « Me voilà, dit-elle, le rêve de toutes les femmes. » Un rêve qui va tourner au cauchemar : son mari, paniqué, la quitte et son fils supporte mal qu’on prenne sa mère pour sa copine. Betty n’aspire plus qu’à redevenir comme les autres : vieillir inéluctablement…  

Patricia Martin : "Mais c'est n'importe quoi, enfin !"

J'avais envie de t'étrangler, Jérôme, en lisant ça : pourquoi il nous fait lire un truc pareil ?

On se fiche même de l'histoire, c'est tellement lourd et nul ! J'ai pris quelques citations :

"Les hommes sont la plus belle conquête des femmes ; la leur c'est le cheval" : c'est bien, ein ?

"C'est la guerre qui toujours broie l'immensité des possibles et ratiboise l'infini de l'amour."

"Il n'est pas de chagrin d'homme qui ne puisse devenir une source d'amour". 

Ce n'est pas possible enfin !

Michel Crépu : "C'est terrible"

C'est toujours ce qu'il se passe avec les livres qui reposent sur une idée. C'est forcément une catastrophe. C'est pas grave, on va s'en remettre. Je n'ai absolument pas été touché.

Frédéric Beigbeder : "de la littérature de fayot"

Savez-vous que c'est l'auteur préféré de Brigitte Macron  ? J'ai lu ça, elle adore Grégoire Delacourt (mais ça n'a rien à voir avec le titre du livre !)

On assiste à une grande offensive de gnangnantisation de la littérature populaire. Ce n'est pas que Grégoire Delacourt : j'ai lu le Joël Dicker, David Foenkinos… (regardez la liste des meilleures ventes)... Il y a cette offensive des littératures qui consistent à dire "Achète mon bouquin, je vais te faire du bien". Le héros a une vie de merde au début puis ça s'arrange parce que tout le monde s'entraide. Je trouve que c'est de la littérature de fayot. Des livres lèche-culs, qui cherchent à séduire les masses en racontant des fables idiotes.

Mais il faut reconnaître que Grégoire Delacourt a un talent inouï pour maintenir constamment un degré de banalité très élevé.

Arnaud Viviant : "c'est la version banale du 'Portrait de Dorian Gray' "

Vous êtes durs. Pour une fois qu'on a une satire contre les produits cosmétiques, les crèmes antirides, tout ça... J'ai le souvenir d'avoir lu dans mon adolescence un chef d'oeuvre, qui pour le coup n'a pas pris une ride : c'est Le Portrait de Dorian Gray. La Femme qui ne vieillissait pas, c'est la version banale de ça. 

Ecoutez

Ecoutez l'intégralité des critiques échangées autour du livre (/!\ ATTENTION SPOILER) :

7 min

"La Femme qui ne vieillissait pas" de Grégoire Delacourt : les critiques du Masque et la Plume

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► A retrouver chez JC Lattès

► Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

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