Elle avait publié il y a deux ans "Le Journal d'Irlande", livre posthume de sa mère Benoîte Groult. Dans son dernier livre, Blandine de Caunes évoque le double deuil qu'elle a vécu, l’accident de sa fille et la maladie de sa mère atteinte d’Alzheimer. Retour sur le regard très partagé du "Masque & la Plume".

L'écrivaine Blandine De Caunes, fille de Benoîte Groult
L'écrivaine Blandine De Caunes, fille de Benoîte Groult © Getty / Eric Fougere / Contributeur

Le livre présenté par Jérôme Garcin

Ce journal se terminait en 2003. Benoîte Groult avait 83 ans. La suite, on la trouve dans ce livre où Blandine de Caunes accompagne sa mère, Benoîte Groult, frappée par la maladie d’Alzheimer jusqu'au 20 juin 2016 où un médecin belge fit une intraveineuse létale. 

Trois mois plus tôt, le 1er avril 2016, Blandine de Caunes perdait sa fille unique, Violette, 36 ans, morte dans un accident de voiture. 

Ce livre est le récit de ce double deuil.

Olivia de Lamberterie l'a trouvé très beau

OL : "Je trouve que c'est un livre magnifique et d'une honnêteté folle. C'est un livre qui se moque de la bien-pensance, de la loi des convenances. 

C'est un livre qui ressemble beaucoup à Benoîte Groult.

Ce que je trouve très beau, c'est que Benoîte Groult a raconté, au travers de ses journaux, de ses écrits, de ses romans, chaque chapitre de sa vie sans aucun filtre. J'ai l'impression que le dernier chapitre de sa vie, c'est comme si sa fille Blandine l'écrivait à sa place. 

Elle raconte la fin de vie sans fioritures parce que la fin de la vie, ça fait aussi partie de la vie.

C'est à la fois drôle, pathétique, tragique, cette femme qui perd la tête et en même temps qui a une espèce de soif de vie incroyable, qu'elle va communiquer à sa fille.

Le livre se transforme avec la mort de Violette. C'est très beau".

Patricia Martin a aussi été très touchée par la manière avec laquelle Blandine partage son expérience de vie

PM : "Il y a deux façons d'aborder la vie : soit on la trouve indécente parce qu'elle inflige des maladies abominables, parce qu'elle inflige des morts insupportables ; soit on en épouse les formes, on ferme sa gueule, on pleure en silence ; soit on écrit parce qu'on peut hurler sans bruit. Et là, elle reprend Duras. 

Elle n'idéalise pas du tout sa mère. C'est aussi la statue du Commandeur. 

Elle dit de très belles choses qui n'empêchent absolument pas la tendresse.

Quant à la sidération de perdre un enfant, elle dit qu'on n'est pas équipé pour ça et, pourtant, je l'ai fait. Elle veut parler de l'enterrement de sa fille".

Arnaud Viviant, quant à lui, l'a très vite oublié

"Ce que j'aime bien avec les livres sur Alzheimer, c'est qu'on les oublie très vite".

Jean-Claude Raspiengeas, dérangé par le style et le manque de relief littéraire du livre

J-C. R : "Je respecte infiniment, évidemment, la souffrance de cette fille et de cette mère. L'accident de sa fille est absolument épouvantable et elle y consacre des pages intéressantes. 

Ce qui m'a beaucoup troublé, c'est les dialogues avec l'au-delà, comment Violette communique avec les vivants. Ça m'a beaucoup troublé.

En revanche, j'ai été très dérangé par le style de ce livre. Je n'aime pas la façon dont c'est écrit. Je trouve que c'est d'une grande banalité et que sur un sujet comme celui-là, l'euthanasie et la mort de sa fille, j'aurais aimé un peu plus de tenue et c'est un récit qui n'a pas de grand relief littéraire et ça m'a considérablement gêné". 

Aller plus loin

Écoutez l'intégralité des critiques échangées sur le livre :

4 min

"La Mère morte" de Blandine de Caunes : les critiques du Masque & la Plume

📖 LIRE - La Mère morte de Blandine de Caunes, chez Stock

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