Guerre d’Algérie et phénomènes étranges dans le désert algérien, arrestation d'un bandit à Nantes… Entre polar et uchronie, la dernière bande dessinée d’un quatuor nantais talentueux (Fabien Vehlmann, Gwenn de Bonneval, Hervé Tanquerelle, et Fred Blanchard) allié à une coloriste de talent (Laurence Croix).

Détail de la couverture du Dernier Atlas de Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Hervé Tanquerelle, et Fred Blanchard
Détail de la couverture du Dernier Atlas de Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Hervé Tanquerelle, et Fred Blanchard © Dupuis

Une des meilleures BD de ce printemps

Attention, cette BD est écrite par des filous : les quatre auteurs du Dernier Atlas nous entraînent dans un thriller puis, l’air de rien ils nous mènent à une trépidante uchronie avec d’immenses robots. Et on se laisse prendre sans résister. 

Cet OLNI (objet littéraire non identifié) met en scène Ismaël Tayeb. Un grand bandit nantais, spécialisé dans les jeux de bar transformés en machine à sous. Un anti-héros parfait auquel on s’attache vite : il se fait arrêter, sa femme ne lui est pas fidèle… 

Son patron, Jean Legoff, véritable "parrain", lui a demandé de trouver une pile nucléaire. Au même moment dans le désert algérien, une journaliste et un ex-ingénieur aux allures de Roland Barthes sont confrontés à un étrange phénomène : les oiseaux se regroupent, des ailes de papillons sont ornées de signes bizarres…

C’est à partir de l'image-collage un peu surréaliste d’un robot géant sur une décharge que ce premier volume d’une série de trois a été imaginé par Fabien Vehlmann. Une image suffisamment choc pour déclencher une histoire aux multiples ramifications, menée pied au plancher, avec Gwenn de Bonneval. Leur but avoué :

Sous couvert d’un récit de robot, parler de notre époque, écrire une uchronie qui parle de maintenant.

La Guerre d'Algérie au coeur de l'intrigue

Cette histoire habile, jamais ennuyeuse une seule seconde sur 200 pages, est truffée de clins d’œil à l’histoire contemporaine. Elle a le mérite de ressusciter une période taboue de l’histoire de France : celle de la guerre d’Algérie et ses conséquences, entre autres, migratoires. Une époque qu’ont connue les pères des auteurs de l’histoire, mais dont ils leur ont très peu parlé. 

Le dernier Atlas fonctionne particulièrement grâce à une galerie de personnages à l’épaisseur incroyable (et physiquement inspirés de personnes connues : Samuel Beckett, Alain Delon…). Le dessin d’Hervé Tanquerelle (Groenland Vertigo, Le Petit livre french pop avec Hervé Bourhis…) avec Fred Blanchard, pour l’occasion très réaliste, ajoute une touche de véracité à un récit que l’on sent ultra-documenté

L'autre volonté de l’équipe était d’ « entraîner les lecteurs et lectrices à accepter des choses énormes ainsi que cette suspension d'incrédulité que cherche tout scénariste ». Ce mélange de récit d’action, de SF, et de BD d'auteur est très réussi. Vivement la suite !

Comment j'ai dessiné Ismaël Tayeb, la leçon de dessin d'Hervé Tanquerelle

Feuilletez quelques pages du Dernier Atlas 

Le dernier Atlas, Tome 1, de Vehlmann, de Bonneval, Tanquerelle et Blanchard est paru chez Dupuis

►►► La bande-annonce : 

🎧  Hervé Tanquerelle dans Le Nouveau rendez-vous

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